57,47 euros l’once : l’argent perd 1,86 % sur 24 heures, après avoir progressé de 5 % en une semaine. Ce repli lundi intervient dans un marché des métaux précieux également marqué par une baisse de l’or.

L’once d’argent — soit environ 31,1 grammes de métal fin — s’affiche à 57,47 euros. Le gramme ressortait à 1,848 euro lors du relevé du 21 septembre à 09h16. Pour les particuliers, ce prix de référence ne correspond pas nécessairement au montant final payé pour un produit physique : une pièce ou un lingot comprend généralement une prime, c’est-à-dire les coûts de fabrication, de distribution et la marge du vendeur.

Une correction après une semaine très haussière

La baisse quotidienne ne suffit pas à effacer la progression récente. Sur sept jours, le cours de l’argent conserve une hausse de 5 %. Depuis le 13 juillet, la progression atteint 13,5 %.

Cette évolution rappelle qu’un métal précieux peut connaître des variations rapides, y compris au sein d’une tendance positive. Une baisse après une forte hausse est souvent qualifiée de consolidation : le marché marque une pause, avec des prises de bénéfices de certains investisseurs. Ce terme ne permet toutefois pas, à lui seul, de prévoir la direction suivante des cours.

Le bilan sur un mois reste négatif, à -2,6 %. Les investisseurs qui envisagent un achat d’argent physique ont donc intérêt à distinguer l’horizon retenu : le mouvement d’une séance ne dit pas la même chose que la tendance observée sur plusieurs semaines ou plusieurs mois.

L’or baisse également

L’or suit le même mouvement. L’once d’or recule de 0,94 % pour s’établir à 3 790,50 euros sur la période observée.

Ce repli simultané de l’or et de l’argent suggère un ajustement plus général sur le marché des métaux précieux, plutôt qu’un facteur propre à l’argent. L’argent demeure toutefois généralement plus volatil que l’or : son prix peut varier davantage, notamment parce qu’il répond à la fois à la demande d’investissement et à la demande industrielle.

Inflation américaine et taux : un facteur à surveiller

Neel Kashkari, président de la Réserve fédérale de Minneapolis, a déclaré que l’inflation américaine restait trop élevée et généralisée. Selon lui, elle ne serait pas uniquement liée au pétrole, mais aussi à la résilience de l’économie.

Ce type de message est suivi de près par les marchés. Des anticipations de taux d’intérêt élevés peuvent peser sur les métaux précieux, qui ne versent ni intérêt ni dividende. Lorsque les rendements des placements obligataires ou monétaires augmentent, le coût d’opportunité de détenir de l’or ou de l’argent progresse également.

Le Dollar Index, indicateur de la valeur du billet vert face à un panier de devises, est resté presque stable à 100,37 points, en légère hausse de 0,06 %. Le marché des changes ne semble donc pas avoir amplifié fortement le mouvement de l’argent durant la séance.

Le recul du pétrole pourrait modifier le contexte inflationniste

Le pétrole WTI a chuté de 8,24 % à 93,99 dollars le baril. Cette baisse serait liée à l’espoir d’un dialogue entre Washington et Téhéran, après l’évocation par Donald Trump d’une possible rencontre avec le président iranien Masoud Pezeshkian en marge de l’Assemblée générale des Nations unies.

Une détente durable des prix de l’énergie pourrait réduire une partie des pressions inflationnistes. À terme, elle pourrait influencer les anticipations de taux et donc l’environnement des métaux précieux. Mais, à ce stade, l’argent corrige après son envolée hebdomadaire : la tendance à court terme reste contrastée entre le recul du jour et la forte progression sur sept jours.

Spécialiste des marchés des matières premières, Lucas décrypte les cours de l’or et de l’argent à travers l’analyse technique et macroéconomique.

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