L’or est temporairement passé sous 4 050 dollars l’once vendredi 6 novembre. Le mouvement intervient alors que le dollar américain se raffermit, réduisant l’attrait immédiat du métal jaune pour les investisseurs utilisant l’euro ou d’autres devises.
L’once troy — l’unité de référence des métaux précieux, équivalente à 31,103 grammes — est principalement cotée en dollars. Lorsque la devise américaine gagne du terrain, un acheteur belge ou européen doit généralement dépenser davantage d’euros pour acquérir la même quantité d’or libellée en dollars. Cette hausse relative du prix freine la demande et peut peser sur le cours.
Un effet de change direct sur le cours de l’or
Le raffermissement du dollar a donc interrompu l’élan haussier récent de l’or. Ce recul sous le seuil de 4 050 dollars reste présenté comme temporaire, mais il rappelle la sensibilité du métal aux mouvements du marché des changes.
Le dollar américain est souvent considéré comme la principale devise de réserve mondiale. Sa hausse peut refléter une recherche de liquidité, des anticipations sur les taux d’intérêt américains ou une comparaison plus favorable avec les autres monnaies. Pour l’or, qui ne procure ni coupon ni intérêt, un dollar plus fort constitue fréquemment un vent contraire à court terme.
Pour un investisseur de la zone euro, le prix à surveiller ne se limite donc pas au cours international en dollars. Le taux de change euro-dollar influence directement le prix de l’or exprimé en euros, et donc le montant payé ou reçu lors d’un achat ou d’une vente en Belgique.
Les rendements obligataires restent un autre facteur de pression
Le dollar n’est pas le seul indicateur déterminant. Les rendements obligataires peuvent également affecter le marché de l’or. Un rendement obligataire correspond au revenu annuel attendu d’une obligation par rapport à son prix. Lorsqu’il augmente, les placements rémunérés peuvent devenir plus compétitifs face à l’or, actif qui ne verse pas de revenu régulier.
Le 7 octobre, l’or aurait atteint un plus bas de deux mois sous l’effet combiné de la vigueur du dollar et de la hausse des rendements obligataires, d’après Zonebourse. Cette séquence illustre la pression que peut exercer un environnement de taux plus rémunérateurs sur le métal précieux.
Regarder le prix en euros avant d’acheter ou de vendre
La baisse ponctuelle observée en dollars ne signifie pas automatiquement une baisse identique pour les particuliers européens. Si l’euro se déprécie simultanément face au dollar, le prix de l’or en euros peut résister davantage, voire progresser.
Avant toute décision, le prix de l’or en euros, la prime appliquée aux pièces ou lingots et l’écart entre le prix d’achat et le prix de revente doivent être examinés. Les mouvements quotidiens du dollar peuvent créer de la volatilité, mais ils ne suffisent pas, à eux seuls, à définir une stratégie de préservation du capital à long terme.



