L’once d’or cotait 3 790,5 euros lundi matin, en baisse de 0,94 % sur la séance, tout en conservant une hausse de 1,9 % sur sept jours. Cette correction intervient avant plusieurs publications et prises de parole susceptibles de modifier les anticipations de taux américains, un facteur déterminant pour le métal jaune.

L’argent reculait également, à 57,47 euros l’once. Pour les investisseurs européens, les mouvements du dollar et des rendements obligataires américains resteront au centre de l’attention jusqu’à vendredi.

Les PMI donnent le premier signal sur la croissance

Mercredi, les indices PMI flash devraient fournir une première photographie de l’activité économique en septembre. Un PMI est une enquête menée auprès des directeurs d’achat des entreprises. Il sert d’indicateur avancé : un chiffre supérieur à 50 suggère une expansion de l’activité, tandis qu’un niveau inférieur à 50 indique une contraction.

Les marchés attendent notamment un PMI manufacturier français à 50,9, après 51,1, et un indicateur des services à 48,4, après 48,0. En Allemagne, le manufacturier est attendu à 54,0 et les services à 49,9. Aux États-Unis, les prévisions s’établissent à 53,4 dans l’industrie et à 56,0 dans les services.

Des résultats plus faibles que prévu renforceraient l’hypothèse d’un ralentissement économique. Les investisseurs pourraient alors anticiper une politique monétaire moins restrictive, ce qui pèserait sur les rendements et le dollar. Ce contexte soutiendrait généralement l’or. À l’inverse, une activité plus robuste pourrait exercer une pression sur le métal précieux.

Les responsables de la Fed sous surveillance

Les déclarations de membres de la Réserve fédérale américaine (Fed) rythmeront aussi la semaine. Austan Goolsbee doit intervenir lundi, John Williams mardi et mercredi, Philip Jefferson mardi, tandis que Thomas Barkin est annoncé mardi et jeudi.

Le marché cherchera des indications sur la trajectoire des taux directeurs, c’est-à-dire les taux fixés par la banque centrale qui influencent le coût du crédit dans toute l’économie. Une tonalité accommodante, favorable à des baisses de taux, pourrait affaiblir le dollar et soutenir l’or. Un discours plus restrictif produirait l’effet inverse.

Le contexte demeure sensible depuis la décision du 16 septembre : la Fed a relevé ses taux de 25 points de base, dans une fourchette de 3,75 % à 4,0 %, et a signalé que de nouvelles hausses pourraient suivre. Ce message a soutenu le dollar et les rendements, deux éléments généralement défavorables à l’or à court terme.

L’inflation anticipée peut modifier les taux réels

Jeudi, les inscriptions hebdomadaires au chômage aux États-Unis devraient compléter le tableau. Elles sont attendues autour de 201 000, contre 196 000 la semaine précédente. Vendredi, l’enquête de l’Université du Michigan livrera les anticipations d’inflation des ménages américains.

Pour l’or, l’indicateur clé est le taux réel, soit le rendement d’une obligation après déduction de l’inflation anticipée. Lorsque ce taux diminue, détenir de l’or — qui ne verse ni intérêt ni dividende — devient relativement plus attractif.

Une hausse des anticipations d’inflation, ou des signes de fragilisation du marché du travail, pourrait donc réduire les taux réels et soutenir le métal jaune. À l’inverse, des données plus solides qu’attendu conforteraient la ligne restrictive de la Fed.

Cette semaine, l’écart entre les chiffres publiés et les attentes du marché pèsera davantage que leur seul niveau. Pour l’or, la réaction du dollar et des taux réels déterminera l’essentiel du mouvement.

Spécialiste des marchés des matières premières, Lucas décrypte les cours de l’or et de l’argent à travers l’analyse technique et macroéconomique.

Prix de l’Or aide tous ceux et celles qui s’intéressent à l’économie et à la préservation de leur capital à décrypter l’actualité mondiale et son impact sur la valeur de l’or grâce à une analyse factuelle et pédagogique. Prix de l’or – Une information en Or

INFORMER VOUS

Exit mobile version