87,1 mètres à 73,26 grammes d’argent par tonne et 0,18 % d’étain : c’est le résultat communiqué le 7 octobre par Eloro Resources pour le trou de forage DSB-96, sur le projet Iska Iska, dans le sud de la Bolivie. La société cherche à accroître et à améliorer sa ressource avant de publier une étude économique préliminaire.
Ce résultat ne constitue pas encore une mine en production, ni une garantie de rentabilité. Il souligne toutefois le profil particulier d’Iska Iska : un projet associant l’argent, métal précieux très utilisé par l’industrie, et l’étain, un métal essentiel aux soudures électroniques.
Un résultat à interpréter avec prudence
Le chiffre de 73,26 g/t d’argent indique la quantité moyenne d’argent contenue dans une tonne de roche sur l’intervalle annoncé. Le taux de 0,18 % d’étain correspond, lui, à environ 1,8 kilogramme d’étain par tonne de minerai.
La longueur de l’interception — 87,1 mètres — est également suivie par les investisseurs : elle peut indiquer une minéralisation étendue. Mais la valeur économique finale dépendra de nombreux paramètres : continuité géologique, récupération métallurgique, coûts d’extraction, infrastructures, fiscalité bolivienne et prix des métaux.
Eloro mène un programme de forage de 40 000 mètres. Son objectif est d’affiner l’estimation des ressources et de préparer une PEA, ou étude économique préliminaire. Cette étude évalue, à un stade initial, le potentiel économique d’un projet ; elle reste moins détaillée qu’une étude de faisabilité et ne vaut pas décision de construire une mine.
L’argent corrigé, mais des fondamentaux potentiellement tendus
Le contexte de marché apparaît contrasté. Au 4 novembre, l’argent évoluerait environ 59 % sous son record de janvier, après une forte phase de correction. Des rotations de capitaux vers les actions et obligations associées à l’intelligence artificielle, ainsi que le niveau élevé des taux, auraient pesé sur les métaux selon les informations disponibles.
Parallèlement, le Silver Institute anticiperait une sixième année consécutive de déficit structurel en 2026. Les estimations citées divergent toutefois : elles évoquent un déficit de 46 à 67 millions d’onces selon la méthodologie retenue. Un déficit signifie que la demande annuelle dépasse l’offre disponible.
Cette situation compte pour Iska Iska, car une part significative de la production mondiale d’argent provient comme sous-produit des mines de cuivre, de plomb ou de zinc. L’offre ne réagit donc pas toujours rapidement à une hausse du prix de l’argent.
L’étain relie le projet à l’électronique
L’argument industriel repose aussi sur l’étain. Ce métal est largement utilisé dans les soudures qui relient les composants électroniques sur les circuits imprimés. L’expansion des centres de données, des équipements numériques et de l’électronique de puissance pourrait soutenir cette demande, mais l’ampleur exacte de cet effet reste incertaine.
Pour un épargnant belge ou francophone, Iska Iska illustre surtout la différence entre le métal physique et une action minière : acheter de l’argent vise l’exposition directe au cours ; investir dans un explorateur ajoute des risques géologiques, financiers, réglementaires et opérationnels. Le forage d’Eloro améliore l’intérêt du projet, sans encore démontrer sa viabilité économique.
La prochaine étape déterminante sera donc moins un seul résultat de forage que la capacité d’Eloro à convertir ces teneurs en une ressource robuste, puis en une étude économique crédible.



