58,07 euros l’once : l’argent évoluerait à un niveau élevé, alors même que le dollar américain se renforce. Cette progression simultanée, observée le 18 septembre, contraste avec la relation habituelle entre les métaux précieux et le billet vert.
L’once d’argent — soit environ 31,1 grammes de métal fin — s’échangerait autour de 58,07 euros, en hausse de 1,71 % sur 24 heures. Au même moment, le Dollar Index progresserait de 0,81 %, à 100,26 points.
Le Dollar Index mesure la valeur du dollar face à un panier de grandes devises. En règle générale, sa hausse pèse sur les métaux cotés en dollars : ils deviennent alors plus coûteux pour les acheteurs utilisant d’autres monnaies. Le mouvement constaté suggérerait donc que la demande pour les métaux précieux l’emporte, au moins temporairement, sur cet effet de change.
Une résistance inhabituelle face au billet vert
La hausse conjointe de l’argent et du dollar ne permet pas, à elle seule, d’identifier une cause définitive. Elle peut toutefois traduire un intérêt accru pour les actifs tangibles dans un contexte d’incertitudes monétaires, ou une demande soutenue sur le marché physique et les produits financiers adossés au métal.
Pour un épargnant belge ou de la zone euro, le prix en euros reste l’indicateur le plus direct. Une appréciation du dollar peut en effet amplifier le prix local des métaux, mais la progression de l’argent observée ici dépasserait le seul effet monétaire.
L’or suivrait une trajectoire comparable. Son cours serait annoncé en hausse de 0,83 %, à 3 823,40 euros l’once. Cette évolution parallèle renforcerait l’idée d’un mouvement favorable à l’ensemble des métaux précieux, plutôt qu’à l’argent seul.
Le ratio or/argent proche de 66
Sur la base de ces cotations, le ratio or/argent ressortirait à environ 65,8. Cet indicateur correspond au nombre d’onces d’argent nécessaires pour acheter une once d’or. Il est obtenu en divisant le cours de l’or par celui de l’argent.
Un ratio autour de 66 signifie donc qu’une once d’or vaut près de 66 onces d’argent. Certains investisseurs considèrent qu’un ratio élevé peut signaler une sous-valorisation relative de l’argent. Cette lecture ne constitue toutefois pas un signal d’achat automatique : le ratio peut rester longtemps à des niveaux élevés ou bas, selon la conjoncture et la demande respective pour les deux métaux.
L’argent est généralement plus volatil que l’or. Son cours peut progresser plus vite dans une phase haussière, mais aussi subir des corrections plus marquées. Cette caractéristique appelle une attention particulière au prix d’achat, à l’horizon de détention et à la part du métal dans un patrimoine.
Une demande industrielle qui distingue l’argent de l’or
L’argent possède une double nature. Il est recherché comme métal précieux, mais il constitue également une matière première industrielle. Sa conductivité électrique très élevée explique son utilisation dans les panneaux solaires, l’électronique et de nombreux composants électriques.
Cette demande industrielle peut soutenir les prix lorsque l’activité manufacturière et les investissements dans les technologies énergétiques progressent. Elle rend aussi le métal plus sensible au cycle économique que l’or, principalement détenu pour ses fonctions de réserve de valeur et de diversification.
Dans le même temps, le pétrole WTI reculerait de 1,43 %, à 99,94 dollars le baril. Le WTI est une référence du pétrole américain. Une baisse de l’énergie pourrait atténuer les anticipations d’inflation, ce qui peut contribuer à améliorer l’environnement des actifs ne versant pas de revenu, tels que l’or et l’argent.
Le franchissement de 58 euros l’once place l’argent sous surveillance. La poursuite du mouvement dépendra notamment de l’évolution du dollar, des taux d’intérêt réels — c’est-à-dire corrigés de l’inflation — et de la demande industrielle. À ces niveaux, les investisseurs ont intérêt à distinguer une tendance de fond d’une accélération de marché potentiellement volatile.


