Environ 4 milliards de dollars d’or vénézuélien pourraient quitter les coffres de la Banque d’Angleterre pour ceux de la Réserve fédérale de New York. L’opération, qui resterait en négociation, viserait à mettre un terme à sept années de litige sur le contrôle de ces réserves et à redonner à Caracas une capacité de financement sous surveillance.

Le gouvernement vénézuélien serait sur le point de conclure cet accord avec les parties concernées. L’or ne serait pas, à ce stade, vendu ni transformé en liquidités. Il pourrait plutôt être déposé à New York pour servir de garantie : un actif remis en sûreté à un prêteur afin d’obtenir un emprunt.

Sortir l’or du blocage londonien

Les réserves concernées sont conservées à la Banque d’Angleterre, à Londres. Leur contrôle fait l’objet d’un conflit judiciaire et politique depuis plusieurs années entre les autorités de Caracas et l’opposition vénézuélienne.

Un transfert vers la Réserve fédérale de New York, l’institution qui conserve notamment des réserves d’or pour des banques centrales étrangères, pourrait modifier le cadre juridique de ces actifs. Pour le Venezuela, l’enjeu serait de disposer d’une maîtrise plus nette de l’or tout en évitant une monétisation immédiate.

La monétisation de l’or désigne la vente du métal ou son emploi direct pour obtenir des devises. Dans le scénario envisagé, Caracas conserverait l’exposition à l’or physique, mais pourrait l’utiliser comme collatéral pour contracter des prêts destinés aux dépenses publiques.

Un accord lié aux discussions politiques

Cette avancée s’inscrirait dans un processus politique plus vaste, soutenu par les États-Unis. Des négociations porteraient sur l’organisation de nouvelles élections et sur un éventuel assouplissement additionnel des sanctions visant le Venezuela.

Une délégation de l’opposition serait actuellement présente à Caracas pour rencontrer des représentants du gouvernement, notamment autour de Jorge Rodríguez. Delcy Rodríguez, figure importante du pouvoir vénézuélien, serait également associée au dossier.

Les conditions précises du transfert, le calendrier, les droits de contrôle sur l’or et les modalités des éventuels emprunts n’ont pas été rendus publics. Ces éléments resteront déterminants : un or donné en garantie peut être mobilisé pour financer l’État, mais il expose aussi le déposant à des contraintes contractuelles si les prêts ne sont pas remboursés.

Un réengagement international encore fragile

Le projet interviendrait dans un contexte de réouverture progressive des relations entre Caracas et plusieurs partenaires internationaux. Les États-Unis auraient déjà allégé certaines sanctions économiques. Le Fonds monétaire international aurait, en avril, rétabli ses relations officielles avec le Venezuela, facilitant l’accès à certains fonds bloqués.

Le Royaume-Uni aurait également accepté la nomination d’un nouvel ambassadeur au Venezuela et soutiendrait les discussions liées au processus électoral.

Pour le marché de l’or, l’opération ne constituerait pas une arrivée immédiate de métal à la vente. Elle illustrerait surtout le rôle de l’or comme réserve souveraine et outil de crédit en période de contrainte financière. La finalisation éventuelle de l’accord dira si les réserves vénézuéliennes sortent réellement de l’impasse londonienne, ou si le dossier demeure soumis aux fragiles équilibres politiques et juridiques du pays.

Observateur des relations internationales, Thomas étudie l’influence des tensions géopolitiques et des politiques monétaires sur l’or.

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