Une hausse des taux en septembre pourrait provoquer un repli du cours de l’or, avertit UBS. La banque anticipe qu’un environnement monétaire plus restrictif réduirait l’attrait du métal précieux, qui ne verse ni intérêt ni dividende.

Cette analyse intervient au lendemain d’un nouveau relèvement des taux directeurs de la Banque centrale européenne (BCE), le deuxième depuis le début de l’année. L’inflation restant persistante, la BCE a choisi de resserrer davantage sa politique monétaire.

Pourquoi les taux élevés pèsent sur l’or

Les taux directeurs sont les taux auxquels une banque centrale prête à court terme aux banques commerciales. Leur hausse se transmet progressivement aux crédits, aux obligations et aux comptes rémunérés.

L’or est un actif sans rendement : détenir un lingot, une pièce ou un produit financier adossé à l’or ne procure pas de revenu régulier. Lorsque les taux augmentent, les placements rémunérés, notamment certaines obligations, deviennent relativement plus attractifs. Le coût d’opportunité de la détention d’or augmente alors : l’investisseur renonce à des intérêts potentiels en conservant du métal.

UBS estime donc qu’une hausse attendue en septembre pourrait entraîner une baisse du prix de l’or. Cette projection reste conditionnée aux décisions effectives des banques centrales, ainsi qu’à l’évolution de l’inflation et des marchés obligataires.

Un marché porté par des soutiens structurels

Le risque de baisse lié aux taux ne résume toutefois pas l’ensemble des forces en présence. Fin août, l’or évoluait autour de 4 600 dollars l’once, après une correction marquée en début d’année suivie d’un rebond durant l’été. Une once troy correspond à 31,103 grammes d’or fin.

Plusieurs facteurs continueraient de soutenir le marché : les achats des banques centrales, la diversification des réserves hors dollar, un dollar américain plus faible et les tensions géopolitiques. Ces éléments alimentent la demande dite de valeur refuge, c’est-à-dire la recherche d’actifs considérés comme capables de mieux préserver le capital pendant les périodes d’incertitude.

Un dollar plus faible tend en outre à rendre l’or, coté en dollars sur les marchés internationaux, plus accessible pour les acheteurs utilisant d’autres devises, dont l’euro.

Ce que les épargnants belges doivent surveiller

Pour un acheteur ou un vendeur en Belgique, le prix en dollars n’est pas le seul indicateur pertinent. Il faut également suivre le taux de change euro-dollar, le cours de l’or exprimé en euros et la prime appliquée aux pièces ou aux lingots physiques. Cette prime couvre notamment les coûts de fabrication, de logistique et la disponibilité du produit.

Une hausse des taux pourrait donc provoquer de la volatilité à court terme, sans nécessairement remettre en cause les facteurs de soutien de long terme. Les prochaines décisions de politique monétaire et les signaux donnés par les banques centrales seront déterminants pour mesurer l’ampleur éventuelle d’un repli.

Spécialiste des marchés des matières premières, Lucas décrypte les cours de l’or et de l’argent à travers l’analyse technique et macroéconomique.

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