Après sa récente baisse, l’argent métal pourrait retrouver de l’élan. UBS envisagerait un rebond, d’après une information publiée le 24 octobre. La banque ne communiquerait toutefois ni objectif de cours ni horizon précis dans les éléments accessibles.
L’annonce intervient dans un marché volatil, où les métaux précieux réagissent fortement aux rendements obligataires américains, au dollar et aux tensions géopolitiques. Pour les épargnants, cette prévision constitue un signal à mettre en perspective plutôt qu’une garantie de performance.
Une prévision sans prix cible connu
UBS estimerait que l’argent pourrait rebondir après sa chute récente. Les raisons détaillées de cette anticipation ne sont pas précisées dans les informations disponibles. Il n’est donc pas possible de savoir si la banque table sur un mouvement de court terme ou sur une reprise plus durable.
L’argent métal, aussi appelé argent physique ou argent d’investissement lorsqu’il est acheté sous forme de pièces et de lingots, possède une particularité : il est à la fois un métal précieux et une matière première industrielle. Son cours peut ainsi être influencé par la recherche de valeurs refuges, mais aussi par les perspectives de l’industrie, notamment dans l’électronique et l’énergie solaire.
Cette double nature rend généralement son prix plus instable que celui de l’or. Un rebond éventuel peut donc être rapide, mais une nouvelle baisse reste également possible.
Les taux américains ont pesé sur le marché
Le 12 octobre, l’argent avait d’abord progressé dans un contexte de tensions dans le détroit d’Ormuz et de hausse du pétrole. Ces éléments avaient soutenu la demande pour les actifs considérés comme protecteurs en période d’incertitude.
Le mouvement s’était ensuite inversé. À 9 h 03, heure de la côte Est américaine, Kitco cotait l’once d’argent à 60,43 dollars, en baisse de 0,46 % sur la séance, après un plus haut intrajournalier de 61,57 dollars.
La remontée des rendements des obligations du Trésor américain aurait contribué à ce repli. Le rendement obligataire correspond au revenu procuré par une obligation par rapport à son prix. Lorsqu’il augmente, les placements rémunérés peuvent devenir plus attractifs face à l’or et à l’argent, qui ne versent ni intérêt ni dividende.
L’argent évolue dans le sillage de l’or
La correction de l’argent s’inscrit dans un mouvement plus large sur les métaux précieux. L’or aurait presque atteint 4 700 dollars l’once fin août, avant de revenir autour de 4 000 dollars début octobre, soit une baisse de plus de 13 %.
Cette phase de repli aurait été alimentée par des anticipations de taux plus élevés, des rendements américains plus attractifs et le renforcement du dollar. Un dollar fort tend à alourdir le coût des métaux cotés en dollars pour les acheteurs utilisant d’autres devises, ce qui peut freiner la demande.
UBS et Goldman Sachs avaient déjà été présentées, fin septembre, comme anticipant une reprise de l’or à un an malgré sa correction. Cette lecture favorable des métaux précieux ne permet cependant pas de déduire automatiquement une hausse identique pour l’argent.
Prudence avant tout achat d’argent physique
Pour un particulier belge ou européen, un scénario de rebond ne suffit pas à décider d’un achat. Le prix affiché sur les marchés correspond généralement à l’once troy, soit 31,103 grammes. Le coût réel d’un lingot ou d’une pièce comprend aussi une prime, c’est-à-dire l’écart entre le cours théorique du métal et le prix effectivement payé au vendeur.
L’argent physique peut aussi être soumis à des conditions de fiscalité et de TVA différentes selon le produit et le pays, contrairement à l’or d’investissement qui bénéficie, sous conditions, d’une exonération de TVA dans l’Union européenne.
L’analyse d’UBS suggérerait que la correction pourrait ouvrir une phase de reprise, mais elle ne fournit pas encore les éléments nécessaires pour mesurer l’ampleur ni la durée de ce mouvement. Dans un marché aussi sensible aux taux, au dollar et aux risques géopolitiques, l’échelonnement des achats et la vérification des primes restent des précautions essentielles.



