Plus des deux tiers de la demande mondiale de pièces et de lingots seraient désormais concentrés en Asie. C’est l’un des constats avancés dans une tribune publiée le 10 septembre dans la rubrique Business de Capital, consacrée au déplacement progressif du centre de gravité de l’or vers l’Est.
Le marché de l’or reste historiquement structuré autour de grandes places occidentales, notamment pour la fixation des prix, le négoce et le stockage. Mais l’Asie pourrait prendre une place croissante à tous les niveaux de cette chaîne : achat d’or physique, raffinage, produits financiers et organisation des échanges.
La demande chinoise et indienne pèserait davantage
La Chine et l’Inde représenteraient une part majeure des achats mondiaux de bijoux en or. Or, ces achats ne relèvent pas seulement de la consommation : dans de nombreux foyers, le bijou constitue aussi une forme d’épargne transmissible et facilement revendable.
La tribune estime également que l’Asie concentrerait plus des deux tiers de la demande de pièces et de lingots. Ces produits sont qualifiés d’or physique : l’acheteur détient directement un métal sous forme de pièces ou de barres, contrairement à un produit financier dont la valeur dépend de l’or.
Cette concentration de la demande pourrait renforcer l’influence des marchés asiatiques sur les flux de métal disponibles et, à terme, sur les conditions de prix.
La Chine construirait ses propres outils de marché
L’évolution ne se limiterait pas aux achats. La Chine développerait progressivement des infrastructures couvrant plusieurs étapes du marché de l’or, du raffinage à la cotation.
Le raffinage consiste à purifier le métal afin d’atteindre un niveau de qualité et de pureté reconnu par le marché. La cotation désigne, elle, l’organisation des prix auxquels un actif est acheté et vendu. Disposer de ces outils permettrait de mieux organiser les flux domestiques et de réduire la dépendance à des centres financiers extérieurs.
La hausse marquée des réserves d’or chinoises au cours des vingt-cinq dernières années participerait à cette dynamique. Les réserves officielles correspondent à l’or détenu par une banque centrale. Elles peuvent servir à diversifier les actifs d’un pays et à limiter son exposition à certaines devises.
Shanghai et Hong Kong au cœur des infrastructures financières
La tribune souligne aussi l’essor d’ETF adossés à l’or en Asie, ainsi que le rôle stratégique de Shanghai et Hong Kong. Un ETF est un fonds coté en Bourse : il permet de suivre le cours de l’or sans nécessairement acheter, stocker et assurer des pièces ou des lingots.
Ces produits offriraient aux investisseurs une exposition plus simple au métal, tandis que les infrastructures de marché faciliteraient les échanges, la conservation et le règlement des transactions.
Pour les épargnants européens, ce mouvement rappelle que le prix de l’or dépend d’un marché mondial. La demande asiatique, les achats des banques centrales et l’organisation des places de négoce constituent désormais des facteurs à suivre, au même titre que les taux d’intérêt ou l’évolution du dollar.


