9 millions d’euros cachés dans un mur. La découverte faite par des ouvriers à Sint-Gillis-Dendermonde, en Flandre orientale, pose désormais une question centrale : à qui revient ce trésor en or ?
Un coffre emmuré découvert pendant des travaux
Le 10 août 2026, des ouvriers de l’entreprise De Brand ont mis au jour un coffre dissimulé dans un mur lors de travaux de rénovation à Sint-Gillis-Dendermonde, aussi appelée Saint-Gilles-lez-Termonde, près de Dendermonde.
La découverte est intervenue pendant des travaux liés aux canalisations, dans un bâtiment appartenant au CAW Oost-Vlaanderen. À l’intérieur du coffre : au moins 4 000 pièces d’or et plus de 40 lingots.
Un lingot est une barre de métal précieux, ici en or, dont le poids et le titre — c’est-à-dire la proportion d’or pur — servent à déterminer la valeur. Une pièce d’or vaut à la fois pour son métal et, parfois, pour sa rareté historique.
La valeur totale du trésor est estimée à environ 9 millions d’euros. Cette estimation dépendra toutefois du poids exact, du titre de l’or et de l’éventuelle valeur numismatique des pièces. La numismatique désigne l’étude et la collection des monnaies anciennes ou rares.
La police saisit l’or et ouvre la voie à l’enquête
Dès le lendemain de la découverte, le 11 août, la police de Dendermonde a pris en charge le coffre et son contenu. Le trésor a été transféré vers un lieu sécurisé à Bruxelles.
Cette étape vise à protéger les biens, mais aussi à préserver les éléments utiles à l’enquête. Le parquet de Flandre-Orientale a ouvert une enquête afin de déterminer l’origine de l’or, son éventuel lien avec des activités illégales et l’identité de son propriétaire légal.
À ce stade, personne ne peut donc disposer librement du trésor. L’or est sous contrôle des autorités, dans l’attente d’une décision juridique.
À qui peut revenir un trésor trouvé en Belgique ?
La question est plus complexe qu’un simple partage entre les ouvriers et le propriétaire du bâtiment. En pratique, plusieurs hypothèses doivent être examinées.
Si un propriétaire légitime est identifié, le trésor pourrait lui revenir, ou revenir à ses héritiers. Si l’or provenait d’une infraction, il pourrait être saisi dans le cadre d’une procédure judiciaire. Si aucun propriétaire n’est retrouvé, le droit applicable aux biens trouvés et aux trésors devra être analysé par les autorités compétentes.
Les ouvriers ont découvert le coffre de manière fortuite, pendant leur travail. Le bâtiment appartient au CAW Oost-Vlaanderen. Ces deux éléments seront importants, mais ils ne suffisent pas à trancher la propriété.
L’enquête pourrait durer plusieurs années, notamment si les pièces doivent être datées, si les lingots doivent être expertisés, ou si des archives doivent être consultées.
Une piste historique encore incertaine
Le bâtiment aurait accueilli un brasseur autour des années 1900. Cette piste reste toutefois non confirmée et aucun lien direct n’est établi avec le coffre découvert dans le mur.
Elle pourrait néanmoins orienter les recherches historiques. Les enquêteurs devront vérifier si l’or correspond à une fortune familiale, à une activité commerciale ancienne, à une dissimulation volontaire ou à une autre origine.
Pour les investisseurs, cette affaire rappelle aussi une réalité essentielle : l’or physique conserve une valeur élevée dans le temps, mais sa détention doit pouvoir être justifiée. Factures, certificats, inventaires successoraux et preuves d’achat sont indispensables pour éviter les litiges.
Un trésor exceptionnel, une réponse encore suspendue
Le coffre de Sint-Gillis-Dendermonde constitue une découverte rare en Belgique par son ampleur financière et par la nature des biens retrouvés.
Mais la question principale reste ouverte : les 9 millions d’euros d’or ne reviendront à personne tant que leur origine et leur propriétaire légal n’auront pas été établis. Dans cette affaire, la valeur du métal est déjà connue ; c’est désormais le droit qui décidera de son destin.


