64 tonnes d’or en cinq mois. À fin mai 2025, la Banque nationale de Pologne (NBP) est devenue le principal acheteur net d’or de l’année, d’après les données du World Gold Council. La banque centrale polonaise a encore ajouté 18 tonnes à ses réserves en mai, soit un quatrième mois consécutif d’achats à deux chiffres.
Cette accélération place Varsovie au premier rang des banques centrales acheteuses d’or en 2025. Elle rapproche aussi la Pologne d’un seuil annoncé : 700 tonnes d’or en réserve. À fin mai, le stock officiel atteignait 614 tonnes. Il resterait donc 86 tonnes à acquérir pour atteindre cette cible.
La Pologne achète plus vite que les autres banques centrales
La NBP, banque centrale chargée de la stabilité monétaire du pays, a multiplié les achats depuis le début de l’année 2025. Un acheteur net est une institution qui achète davantage d’or qu’elle n’en vend sur une période donnée.
Depuis janvier, la Pologne a acquis 64 tonnes d’or. Ce volume la place devant les autres banques centrales actives sur le marché, selon le World Gold Council, organisme de référence du secteur aurifère.
Ces achats ne sont pas symboliques. À titre de comparaison, une tonne d’or représente environ 32 150 onces troy, l’unité de mesure internationale utilisée pour le métal précieux. Les 64 tonnes achetées depuis janvier correspondent donc à un renforcement massif des réserves officielles polonaises.
Un objectif clair : 700 tonnes d’or
La stratégie polonaise est lisible : porter les réserves nationales à 700 tonnes. Adam Glapiński, gouverneur de la Banque nationale de Pologne, a déjà défendu cette orientation au nom de la sécurité financière du pays.
À fin mai 2025, les réserves polonaises atteignaient 614 tonnes. Si le rythme récent était maintenu, l’objectif pourrait être atteint dans les prochains trimestres. Cette projection reste toutefois dépendante de la politique de la NBP et des conditions de marché.
L’or détenu par une banque centrale fait partie des réserves de change. Ces réserves regroupent les actifs utilisés pour soutenir la monnaie nationale, rassurer les marchés et faire face à des chocs financiers. Elles peuvent inclure des devises, comme le dollar ou l’euro, mais aussi de l’or physique.
Pourquoi Varsovie renforce son stock d’or
La raison principale est géopolitique. La Pologne se situe sur le flanc oriental de l’Union européenne et partage une frontière avec l’Ukraine. Dans ce contexte, l’or joue un rôle de réserve tangible, sans risque de défaut d’un émetteur.
Contrairement à une obligation d’État ou à un dépôt en devise, un lingot d’or n’est la dette de personne. C’est l’un des arguments avancés par les banques centrales qui veulent réduire leur dépendance à certaines monnaies internationales.
Pour la Pologne, qui utilise le zloty et non l’euro, l’enjeu est aussi monétaire. Des réserves d’or plus élevées peuvent renforcer la crédibilité financière du pays et diversifier son bilan face aux incertitudes régionales.
Une tendance mondiale à surveiller
La Pologne n’est pas seule à acheter de l’or. Depuis 2022, plusieurs banques centrales, dont celles de Chine, de Turquie et d’Inde, renforceraient aussi leurs stocks. Cette tendance serait liée à la méfiance envers le dollar, aux sanctions financières, aux tensions commerciales et à l’inflation persistante.
Ce mouvement modifierait progressivement la composition des réserves internationales. Il contribuerait aussi à soutenir la demande mondiale d’or, aux côtés de la bijouterie, de l’investissement privé et des usages industriels.
Pour les épargnants belges et francophones, ces achats de banques centrales ne constituent pas un signal automatique d’achat ou de vente. Ils indiquent plutôt que l’or reste considéré comme un actif de réserve dans les périodes d’incertitude.
Ce que cela change pour le marché de l’or
La demande des banques centrales est suivie de près car elle porte sur de gros volumes. Lorsqu’un pays achète plusieurs dizaines de tonnes, l’effet psychologique peut être important. Cela renforce l’idée que l’or conserve une place stratégique dans les portefeuilles institutionnels.
Le cas polonais est particulièrement visible en Europe. Varsovie achète vite, affiche un objectif public et justifie sa stratégie par la sécurité monétaire. Si la cible de 700 tonnes est atteinte, la Pologne consolidera sa position parmi les grands détenteurs d’or en Europe.
La trajectoire reste donc à surveiller. Pour l’instant, une chose est claire : en 2025, la Pologne a pris la tête des achats officiels d’or, et son objectif de 700 tonnes n’a jamais semblé aussi proche.



