Une escalade militaire majeure entre Washington, Israël et Téhéran vient de paralyser le trafic maritime dans le Golfe persique. Alors que l’Europe fait face à un nouveau choc énergétique, les investisseurs liquident massivement leurs positions sur l’or au profit du dollar américain.

Vingt pour cent de l’approvisionnement mondial en pétrole est désormais à l’arrêt. En ce lundi 9 mars 2026, l’ouverture des marchés asiatiques a acté l’effroi des investisseurs face à l’embrasement du Moyen-Orient. Le baril de Brent a bondi de 20 % d’un seul coup, franchissant la barre symbolique des 100 dollars, un seuil critique pour l’économie mondiale.

Une escalade militaire qui paralyse le transport mondial

Le point de bascule remonte au mardi 3 mars. À la suite de fortes explosions survenues à Téhéran et Beyrouth au quatrième jour du conflit ouvert dans la région, un haut commandant des Gardiens de la Révolution iraniens a publiquement annoncé la fermeture du détroit d’Ormuz. La hiérarchie militaire a menacé d’incendier tout navire tentant d’emprunter ce passage stratégique.

Les représailles n’ont pas tardé : le 5 mars, les forces armées américaines ont procédé à une frappe ciblée sur un navire iranien, bien que situé en dehors de la zone principale du conflit. Le week-end dernier, la menace de Téhéran est devenue réalité. L’Iran a attaqué plusieurs navires commerciaux naviguant dans le détroit, actant le blocage total de cette artère vitale par laquelle transitent habituellement 16 millions de barils par jour.

L’Europe et la Belgique menacées par un nouveau choc gazier

Les conséquences logistiques sont dramatiques, en particulier pour le continent européen. Les assureurs maritimes refusant désormais de couvrir les navires s’aventurant dans la zone, les infrastructures énergétiques du Golfe s’engorgent rapidement. Lors d’une intervention dans le podcast du Council on Foreign Relations, Natasha Kaneva, directrice de la recherche sur les matières premières chez JP Morgan, a détaillé l’ampleur de la paralysie. L’Irak a dû amputer sa production d’un million de barils par jour faute d’espace de stockage disponible, et une importante installation saoudienne a été fermée.

Plus inquiétant encore pour la Belgique et ses pays voisins : le géant Qatar Energy a été contraint de suspendre sa production de Gaz Naturel Liquéfié (GNL) face à l’impossibilité d’exporter. Conséquence directe de ce choc d’offre, le prix du gaz européen (TTF) a doublé pour atteindre 60 euros le mégawattheure, ravivant le spectre des pénuries et de l’inflation énergétique connues en 2022 suite à la perte du gaz russe.

Pourquoi l’or chute-t-il en pleine panique géopolitique ?

Face à ce séisme au Moyen-Orient, l’épargnant pourrait s’attendre à une flambée du métal jaune, l’ultime valeur refuge en temps de guerre. Il n’en est rien. En l’espace d’une semaine, le cours de l’or a lourdement chuté, s’établissant ce lundi autour de 5.064 dollars l’once, accusant un nouveau recul de 2 % qui succède à une violente baisse de plus de 5 % la semaine précédente.

Pour comprendre cette baisse paradoxale de l’or, il faut observer la mécanique interne des marchés financiers. Dans les moments de panique boursière extrême — illustrée par la chute de 2,49 % de l’indice Nasdaq peu après les annonces iraniennes —, les grands investisseurs font face à ce que l’on appelle des « appels de marge ». Pour couvrir les pertes abyssales de leurs portefeuilles d’actions, ils sont contraints de vendre en urgence leurs actifs les plus facilement monétisables. L’or, très liquide, est donc massivement vendu pour récupérer du cash.

Par ailleurs, la flambée incontrôlable de l’énergie fait craindre aux marchés une stagflation mondiale, soit le cumul d’une inflation galopante et d’un ralentissement économique. Face à ce risque, les investisseurs anticipent que les banques centrales seront obligées de maintenir des taux directeurs très élevés. Dans ce scénario, les capitaux fuient vers le dollar américain — qui s’est renforcé de 0,6 % à l’ouverture — car les placements en devises rémunèrent à court terme, contrairement à l’or physique qui ne génère aucun taux d’intérêt.

La semaine qui s’ouvre s’annonce décisive pour les consommateurs comme pour les investisseurs. Si la fermeture militaire du détroit d’Ormuz s’installe dans la durée, la pression pesant sur la Banque Centrale Européenne et sur l’économie réelle pourrait forcer les gestionnaires de patrimoine à revoir entièrement leur stratégie d’allocation, redessinant potentiellement la trajectoire de l’or une fois la panique initiale retombée.

Spécialiste des marchés des matières premières, Lucas décrypte les cours de l’or et de l’argent à travers l’analyse technique et macroéconomique.

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