Malgré une action boursière volatile à court terme, la compagnie minière déploie des centaines de millions de dollars pour faire sortir de terre le projet Panuco, s’appuyant sur des fondamentaux économiques particulièrement solides.

Une enveloppe de 170 millions de dollars américains. C’est le montant du contrat majeur que vient d’attribuer la société canadienne Vizsla Silver pour lancer la construction de ses infrastructures de surface en ce printemps 2026. En ce début du mois de mai, l’entreprise passe à la vitesse supérieure pour développer son projet argent-or de Panuco, situé dans l’État du Sinaloa, au Mexique. L’objectif est de transformer ce gisement prometteur en une mine pleinement opérationnelle, dans un contexte où la demande industrielle et d’investissement pour l’argent ne faiblit pas.

Des contrats majeurs pour lancer la machine

Fin avril 2026, Vizsla Silver a franchi une étape décisive vers la production commerciale. L’entreprise a confié un contrat de gestion de la construction (EPCM) à l’entreprise spécialisée M3 Engineering & Technology Corp. Un second accord a été signé avec la société Mining Plus pour la conception détaillée de la mine. Ce dernier implique environ 50 millions de dollars en capital de développement et 40 millions pour le développement du minerai sur les deux prochaines années.

Ces investissements colossaux ne sortent pas de nulle part. Ils sont le fruit d’une stratégie financière entamée plusieurs mois auparavant. En septembre 2025, Vizsla Silver avait en effet sécurisé un mandat de financement avec Macquarie Bank. Cette banque d’investissement agit comme arrangeur principal pour une enveloppe de dette de projet pouvant atteindre 220 millions de dollars américains, évitant ainsi à l’entreprise de devoir lever des fonds uniquement par l’émission de nouvelles actions, ce qui aurait dilué la valeur pour les actionnaires existants.

Une rentabilité prometteuse face à un marché boursier hésitant

La volonté de la direction de construire cette mine s’appuie sur une étude de faisabilité publiée en novembre 2025. Ce document réglementaire esquisse une production annuelle attendue de 17,4 millions d’onces d’équivalent argent sur une durée de vie initiale de près de dix ans. Plus important encore, les coûts de maintien tout compris (AISC) ont été évalués à un niveau très compétitif d’environ 9,40 dollars américains par once.

L’AISC (All-In Sustaining Costs), ou coût de maintien tout compris, est un indicateur clé dans l’industrie minière. Il représente l’ensemble des dépenses nécessaires pour extraire une once de métal et maintenir les opérations courantes (exploitation, frais administratifs, maintien des infrastructures). Plus ce chiffre est bas par rapport au cours du métal sur le marché, plus la marge bénéficiaire de la mine est importante.

Paradoxalement, cette avancée industrielle majeure tranche avec l’accueil réservé par les marchés financiers en ce début mai 2026. Cotée à la Bourse de Toronto, l’action de Vizsla Silver s’échange autour de 4,72 dollars canadiens, marquant une baisse de près de 38 % depuis le début de l’année. Le marché semble pris en étau entre le potentiel massif de la mine et les risques inhérents à une société qui ne génère pas encore de revenus mais s’endette lourdement pour construire ses infrastructures.

Les analyses boursières reflètent parfaitement cette incertitude. D’un côté, un rapport relayé par la plateforme Simply Wall St évoque un scénario très optimiste, fixant un objectif non officiel à 125 dollars canadiens, s’appuyant sur un cycle haussier de l’argent et des coûts d’extraction extrêmement bas. De l’autre côté, le modèle d’intelligence artificielle de TipRanks maintient une recommandation stricte de conservation de l’action, avec un objectif de prix modeste de 7,00 dollars canadiens, pointant du doigt les risques d’exécution du projet minier.

Le marché pèse actuellement chaque décision de l’entreprise au trébuchet. La prochaine étape cruciale est attendue dans les semaines à venir, avec l’attribution prévue du contrat d’exploitation minière au deuxième trimestre 2026. Un jalon qui pourrait dissiper les dernières craintes des investisseurs et confirmer la viabilité de l’un des projets argentifères les plus scrutés de la décennie.

Journaliste économique, Émilien s’intéresse aux usages industriels des métaux précieux et aux innovations technologiques qui façonnent leur avenir.

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