Près de 50 tonnes d’or auraient été achetées par la Banque centrale d’Ouzbékistan depuis le début de 2026, dont 8 tonnes sur le seul mois d’octobre. Cette accumulation, si elle se confirmait, illustrerait une stratégie de diversification très poussée des réserves du pays d’Asie centrale.

Les données disponibles, fondées sur des observations de marché et non sur un document officiel cité, doivent toutefois être considérées avec prudence. Elles suggèrent que l’or représenterait désormais environ 90 % des réserves de change ouzbèkes, pour un stock proche de 439 tonnes.

Une concentration exceptionnelle dans le métal jaune

Une réserve de change est l’ensemble des actifs détenus par une banque centrale. Elle comprend habituellement des devises étrangères, notamment le dollar américain et l’euro, des obligations souveraines et de l’or.

Dans le cas ouzbek, la place attribuée au métal précieux serait particulièrement élevée. Avec 90 % des réserves concentrées dans l’or, Tachkent ferait le choix d’un actif qui ne dépend pas directement de la politique monétaire d’un autre État.

L’or ne verse pas d’intérêt et son cours peut varier fortement à court terme. Mais il ne constitue la dette de personne lorsqu’il est détenu sous forme physique. Pour une banque centrale, cette caractéristique peut représenter une protection contre le risque de change, les tensions géopolitiques ou une perte de confiance dans certaines devises.

Une dédollarisation par les réserves

La « dédollarisation » désigne la réduction de la place du dollar dans les échanges, les financements ou les réserves officielles. Elle ne signifie pas nécessairement l’abandon de la monnaie américaine, qui reste centrale dans le système financier mondial. Elle traduit plutôt une volonté de ne pas dépendre d’une seule devise.

Les achats ouzbeks s’inscriraient dans cette tendance, visible dans plusieurs économies émergentes. En renforçant la part de l’or, une banque centrale diversifie ses avoirs : elle répartit les risques entre plusieurs actifs au lieu de les concentrer sur des monnaies et des titres financiers étrangers.

L’Ouzbékistan est aussi un pays producteur d’or. Cette production domestique peut faciliter l’accumulation de métal par les autorités monétaires, sans dépendre uniquement des achats sur les marchés internationaux.

Quel effet sur le cours de l’or ?

À l’échelle du marché mondial, 50 tonnes restent modestes face à la production annuelle mondiale. Mais des achats réguliers de banques centrales ont un effet important sur l’équilibre du marché : ils correspondent à une demande institutionnelle durable, souvent orientée vers une détention de long terme.

Ces acquisitions peuvent ainsi réduire la quantité de métal disponible à la vente et constituer un soutien structurel pour le cours de l’or. Elles ne garantissent toutefois pas une hausse continue des prix : les taux d’intérêt réels, le niveau du dollar, l’inflation et les anticipations économiques restent déterminants.

Pour les épargnants belges et francophones, ce mouvement rappelle surtout le rôle de l’or physique comme actif de diversification, et non comme un placement sans risque. La stratégie de Tachkent montre qu’au sein des réserves publiques aussi, la recherche d’indépendance monétaire continue de soutenir l’intérêt pour le métal jaune.

Observateur des relations internationales, Thomas étudie l’influence des tensions géopolitiques et des politiques monétaires sur l’or.

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