Plus de 4 500 dollars l’once, puis des indications de cours autour de 4 153 dollars quelques jours auparavant : l’or attirerait de nouveau massivement les investisseurs, mais sa progression resterait heurtée. Cette volatilité résume le paradoxe du métal jaune : il est recherché lors des périodes d’incertitude, sans pour autant évoluer en ligne droite.

L’once est l’unité de référence internationale pour l’or. Il s’agit d’une once troy, équivalant à 31,103 grammes. Le seuil de 4 500 dollars l’once aurait été franchi sur les marchés internationaux au début d’octobre, dans un contexte de tensions économiques et géopolitiques. Ce niveau doit toutefois être considéré avec prudence : les données disponibles font aussi état d’un cours proche de 4 153 dollars fin septembre, après un pic évoqué à 5 600 dollars en janvier.

Les banques centrales soutiendraient la demande

Le retour de l’or au centre des stratégies de réserve reposerait d’abord sur les banques centrales. La Banque centrale chinoise aurait acheté du métal pendant 22 mois consécutifs. Ses achats mensuels auraient accéléré de mars à août 2026, passant de 5 tonnes à plus de 20 tonnes par mois.

Ses réserves atteindraient environ 2 387 tonnes. Un objectif situé entre 2 500 et 2 600 tonnes est parfois évoqué, sans confirmation officielle. Cette accumulation viserait à diversifier les réserves de change, c’est-à-dire les actifs détenus par une banque centrale, traditionnellement très exposés au dollar et aux obligations américaines.

Pour le marché, ces achats sont importants : une banque centrale achète généralement dans une logique de long terme. Cette demande peut donc constituer un soutien plus stable que les mouvements spéculatifs de court terme.

La défiance envers les actifs américains renforce l’attrait du métal

Des investisseurs institutionnels, des banques privées et d’autres banques centrales augmenteraient aussi leur exposition à l’or. L’objectif serait de réduire la concentration de leurs portefeuilles sur le dollar et les actifs américains.

L’or ne verse ni intérêt ni dividende. Son intérêt réside ailleurs : il ne dépend pas directement de la solvabilité d’une entreprise ou d’un État. C’est pourquoi il est qualifié de valeur refuge, un actif recherché pour préserver une partie du capital lorsque l’incertitude augmente.

Mais ce statut n’empêche pas les corrections. Fin septembre, des prises de bénéfices auraient contribué au repli des cours. Une prise de bénéfices consiste pour un investisseur à vendre après une hausse afin de matérialiser son gain. La remontée des rendements obligataires américains aurait également pesé : lorsque les obligations rapportent davantage, détenir un actif sans rendement comme l’or devient relativement moins attractif.

Une rareté physique, mais pas une garantie de prix

La rareté reste un argument structurel en faveur du métal. D’après des estimations relayées par Gold.fr et attribuées au World Gold Council, environ 223 000 tonnes d’or auraient été extraites au cours de l’histoire. Les réserves encore économiquement exploitables se situeraient entre 60 000 et 66 000 tonnes, notamment en Russie et en Australie.

Ces chiffres devraient être maniés avec précaution : une réserve économiquement exploitable dépend du prix de l’or, des coûts énergétiques, des techniques minières et des décisions politiques. Une hausse durable du cours peut rendre rentable l’exploitation de gisements auparavant délaissés.

Le Gabon illustre aussi l’enjeu croissant de la valeur ajoutée liée au métal. Le pays aurait décidé de raffiner son or sur son territoire avant son exportation, afin de retenir une part plus importante de cette valeur localement. Le raffinage consiste à purifier l’or pour atteindre une qualité standardisée, notamment celle exigée par les marchés internationaux.

L’or semble donc retrouver une place centrale dans les stratégies de protection et de diversification. Pour un épargnant belge ou européen, cette dynamique ne dispense pas de prudence : acheter après une envolée expose au risque de correction. L’or peut compléter un patrimoine diversifié, mais il ne remplace ni une réserve de liquidités ni une allocation d’investissement adaptée à l’horizon et au niveau de risque de chacun.

Observateur des relations internationales, Thomas étudie l’influence des tensions géopolitiques et des politiques monétaires sur l’or.

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