54,53 euros l’once : l’argent gagnait 2,7 % lundi matin sur une semaine, effaçant une partie de son recul récent. Le mouvement intervient après la publication de chiffres décevants sur l’emploi aux États-Unis, qui a relancé les anticipations d’une politique monétaire américaine moins restrictive.

L’once d’argent, soit 31,1 grammes, cotait autour de 54,53 euros lundi matin. Le métal a ouvert à 1,735 euro le gramme, a atteint 1,763 euro au plus haut, puis évoluait près de 1,762 euro. Il affichait également une progression de 0,28 % sur 24 heures et de 2,2 % depuis la clôture de dimanche.

Des créations d’emplois très inférieures aux prévisions

Les États-Unis ont créé 29 000 emplois en septembre, alors que le marché en attendait environ 90 000. Le chiffre d’août a par ailleurs été révisé à 133 000 créations d’emplois.

Le taux de chômage est remonté à 4,2 %, tandis que le taux de participation à la population active s’est établi à 61,8 %. Ces données signalent un marché du travail moins dynamique qu’espéré.

Pour les investisseurs, l’emploi constitue un indicateur central de la trajectoire de la Réserve fédérale américaine, la Fed. Une dégradation du marché du travail peut inciter la banque centrale à éviter de relever davantage ses taux directeurs, voire à les assouplir ultérieurement.

Des taux moins élevés soutiennent généralement les métaux précieux. L’argent ne verse en effet ni intérêt ni dividende : son coût d’opportunité diminue lorsque les rendements monétaires deviennent moins attractifs.

Les marchés anticiperaient un statu quo de la Fed

Après les statistiques de septembre, la probabilité implicite d’un maintien des taux de la Fed en octobre serait montée à 77,9 %, contre 74 % avant la publication. Ces estimations de marché ne préjugent pas de la décision de la banque centrale, mais elles traduisent un changement de perception chez les investisseurs.

Ce facteur monétaire explique une large part du rebond de l’argent. Les tensions autour de la mer Rouge pourraient aussi entretenir une demande de valeurs refuges. L’argent reste toutefois un métal plus volatil que l’or, car son cours dépend également de la demande industrielle, notamment dans l’électronique et les technologies solaires.

Un dollar ferme limite le gain pour les Européens

La hausse aurait pu être plus marquée sans le raffermissement du dollar. Le Dollar Index, qui mesure le billet vert face à plusieurs grandes devises, progressait de 0,84 %. L’euro reculait de 0,36 % face au dollar, à 1,1202 dollar.

Un dollar plus fort tend à renchérir les métaux libellés en dollars pour les acheteurs hors des États-Unis. Pour un épargnant belge, le taux de change euro-dollar peut donc atténuer, ou amplifier, l’évolution du métal exprimée en euros.

Malgré le rebond de lundi, l’argent reste en baisse de 3,8 % sur un mois. Sa performance demeure toutefois positive sur trois mois, avec un gain de 8,2 %.

Le ratio or/argent reste légèrement plus élevé

Le ratio or/argent atteignait 67,7, contre 66,9 un mois plus tôt. Ce ratio indique le nombre d’onces d’argent nécessaires pour acheter une once d’or : sa hausse signifie que l’or a légèrement mieux résisté que l’argent sur la période.

Le rebond actuel confirme la sensibilité de l’argent aux données américaines et aux anticipations de taux. Pour les acheteurs, la volatilité du métal invite à distinguer un mouvement de court terme d’une stratégie de diversification menée sur plusieurs années.

Spécialiste des marchés des matières premières, Lucas décrypte les cours de l’or et de l’argent à travers l’analyse technique et macroéconomique.

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