Trois semaines de recul consécutives pourraient se profiler pour l’or. Le métal jaune subirait le retour d’anticipations de taux d’intérêt plus élevés, un scénario qui renforce l’attrait des obligations et autres placements rémunérés face à un actif qui ne verse ni intérêt ni coupon.

L’or évoluerait autour de 4 344,48 dollars l’once ce vendredi 11 septembre, d’après une analyse de marché publiée par LiteFinance. Une once troy, l’unité de référence du marché des métaux précieux, représente environ 31,1 grammes. Ce niveau confirmerait une phase de correction après la forte progression observée plus tôt dans l’année.

Pourquoi des taux plus élevés pèsent sur l’or

L’or physique ne produit pas de revenu régulier. Il ne verse ni coupon, contrairement à une obligation, ni dividende, contrairement à certaines actions. Lorsque les taux d’intérêt et les rendements obligataires montent, les investisseurs peuvent donc privilégier les actifs rémunérateurs.

Le rendement obligataire correspond au revenu attendu par l’investisseur qui détient une obligation. Sa hausse augmente le « coût d’opportunité » de l’or : conserver du métal signifie renoncer à un revenu potentiellement plus élevé sur les marchés de taux.

Ce mécanisme pèserait actuellement sur les cours. Les marchés financiers anticiperaient davantage un relèvement des taux par les banques centrales, ce qui conduirait à une revalorisation des actifs sensibles aux taux. L’or pourrait ainsi enregistrer une troisième baisse hebdomadaire consécutive, selon les informations rapportées par Business AM.

Cette pression n’est pas nouvelle. À la mi-août, la hausse des rendements obligataires avait déjà contribué au repli du métal jaune, les capitaux se dirigeant davantage vers les supports rémunérateurs.

Un retournement après le rebond estival

Le mouvement contraste avec la dynamique d’août. Après une correction marquée au premier semestre 2026, l’or s’était rapproché de 4 600 dollars l’once à la fin du mois d’août, porté notamment par un dollar plus faible, les tensions géopolitiques et les achats des banques centrales.

Début août, des données sur l’emploi américain, plus faibles qu’attendu, avaient au contraire réduit les attentes de nouvelles hausses de taux de la Réserve fédérale. Dans ce contexte, l’or avait progressé d’environ 7 % sur une semaine, d’après des données rapportées par Capital. La séquence actuelle illustre donc la sensibilité du métal jaune aux changements d’anticipations monétaires.

La demande structurelle reste un point de soutien

À court terme, la direction des taux pourrait dominer. Mais la demande de fond resterait présente. Les banques centrales auraient acheté 288,9 tonnes d’or au deuxième trimestre 2026, soit 62 % de plus qu’un an auparavant, selon le World Gold Council cité par Capital. La banque centrale chinoise aurait prolongé ses achats mensuels en juillet, tandis que la Pologne aurait acquis 51 tonnes.

Les fonds indiciels cotés adossés à l’or, appelés ETF, avaient également enregistré 3 milliards de dollars d’entrées nettes en juillet. Un ETF permet d’investir en Bourse dans un produit suivant le cours de l’or, sans détenir directement des lingots ou des pièces.

Pour les épargnants belges et européens, le repli rappelle qu’un prix de l’or dépend autant des taux, du dollar et des anticipations de marché que de la demande de métal physique. Les achats réguliers des banques centrales peuvent soutenir la tendance de long terme, sans empêcher des corrections parfois rapides à court terme.

Spécialiste des marchés des matières premières, Lucas décrypte les cours de l’or et de l’argent à travers l’analyse technique et macroéconomique.

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