Alors que le CAC 40 cède du terrain ce 20 janvier 2026, pénalisé par les incertitudes économiques et diplomatiques, le cours de l’or confirme sa dynamique haussière. Entre les menaces proférées par Donald Trump et le regain de tension autour du Groenland, les investisseurs privilégient plus que jamais les valeurs refuges, s’inscrivant dans la continuité d’une année 2025 historique pour les métaux précieux.

Les écrans de la place de Paris affichent rouge ce mardi matin. Dans un climat d’aversion au risque prononcé, la Bourse de Paris enregistre un net recul. Le CAC 40, indice phare du marché français, affiche une baisse de 1,29 %, retombant à 8 006,99 points. Selon les données rapportées par Investing.com, ce décrochage est directement lié aux nouvelles menaces formulées par l’ex-président et acteur politique majeur américain Donald Trump, ainsi qu’aux inquiétudes économiques persistantes qui pèsent sur la zone euro.

Pourtant, dans ce marasme boursier, un actif tire son épingle du jeu : l’or. Le métal jaune, baromètre traditionnel de la peur sur les marchés, connaît une nouvelle poussée de fièvre.

Le Groenland, nouveau point chaud géopolitique

Si les marchés actions souffrent, les métaux précieux profitent de l’instabilité. Toujours selon Investing.com, l’or s’envole de nouveau depuis le 19 janvier, réagissant vivement aux tensions inattendues concernant le Groenland. Ce territoire arctique, riche en ressources naturelles et stratégiquement situé, cristallise les tensions internationales, poussant les capitaux vers la sécurité du lingot.

Ce mouvement n’est pas isolé. Il s’inscrit dans un contexte géopolitique dégradé depuis le milieu de l’année 2025, marqué notamment par l’escalade du conflit entre Israël et l’Iran en juin dernier, comme le rapportait alors MeDirect. Ces crises successives maintiennent une prime de risque élevée sur les marchés mondiaux, favorisant structurellement l’or.

Une année 2025 de tous les records

La hausse actuelle ne surprend pas les analystes, tant l’année précédente a été spectaculaire pour les métaux précieux. Selon le Blog de Données de la Banque Mondiale, le prix de l’or a atteint un sommet historique en octobre 2025, dépassant brièvement la barre symbolique des 4 300 dollars l’once.

Sur l’ensemble de l’année 2025, le métal jaune a enregistré une performance exceptionnelle. Les prévisions de la Banque Mondiale anticipaient une augmentation d’environ 42 %, marquant ainsi la plus forte hausse annuelle depuis la fin des années 1970. Même le dollar fort et les incertitudes tarifaires américaines n’ont pas réussi à freiner durablement cette ascension, l’or ayant rebondi au-dessus de 4 000 dollars l’once dès novembre 2025 malgré les menaces de fermeture du gouvernement américain (shutdown).

Les Banques Centrales, moteurs de la demande

L’un des piliers de cette demande robuste reste l’appétit insatiable des institutions monétaires. En quête de diversification hors du dollar, les banques centrales ont massivement accumulé de l’or. D’après la Banque Mondiale, leur part dans la demande totale a atteint près de 25 % en 2024, avec des volumes d’achat depuis 2022 deux fois supérieurs à la moyenne observée entre 2015 et 2019.

À titre d’exemple, Belfius soulignait qu’au premier trimestre 2025, les banques centrales avaient ajouté 244 tonnes d’or à leurs réserves mondiales. La Banque populaire de Chine, acteur majeur de cette tendance, détenait au 31 mars 2025 près de 2 279 tonnes de métal fin, valorisées à l’époque à environ 191 milliards de dollars.

Qu’est-ce qu’un ETF or ?
Un ETF (Exchange Traded Fund) or est un fonds d’investissement coté en bourse qui réplique la performance du prix de l’or. Il permet aux investisseurs de parier sur la hausse (ou la baisse) du métal sans avoir à détenir physiquement des pièces ou des lingots.

L’engouement ne se limite pas aux institutions. Les investisseurs privés, via les ETF, ont également participé à la ruée. Ces produits financiers ont enregistré des entrées nettes totalisant 21 milliards de dollars au premier trimestre 2025, un niveau inédit depuis le deuxième trimestre 2020.

L’argent métal suit la cadence

L’or n’est pas le seul à briller. L’argent métal, souvent corrélé à son grand frère doré mais avec une volatilité plus importante, a également connu des sommets. Le prix de l’once d’argent a grimpé jusqu’à 54 dollars en octobre 2025. La Banque Mondiale prévoyait une hausse des prix d’environ 34 % pour l’ensemble de l’année passée, confirmant l’intérêt marqué pour les actifs tangibles en période d’incertitude monétaire.

Perspectives dans un climat de taux élevés

La résilience des métaux précieux est d’autant plus notable qu’elle s’opère dans un environnement de taux d’intérêt qui reste élevé. En juin 2025, la Réserve fédérale américaine (Fed) avait maintenu ses taux entre 4,25 % et 4,5 %, ne prévoyant que deux baisses pour l’année, selon MeDirect. Habituellement, des taux élevés pèsent sur l’or (qui ne verse pas de dividende), mais la peur de l’instabilité géopolitique et la méfiance envers la dette souveraine semblent aujourd’hui prendre le pas sur la politique monétaire conventionnelle.

Alors que 2026 débute sous le signe de la volatilité boursière et des tensions diplomatiques, l’or réaffirme son rôle historique de protection du capital. Reste à savoir si les tensions autour du Groenland s’apaiseront ou si elles propulseront le métal jaune vers de nouveaux records historiques.

Observateur des relations internationales, Thomas étudie l’influence des tensions géopolitiques et des politiques monétaires sur l’or.

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