4 075 dollars l’once : l’or aborde la décision de la Fed sans direction nette, après une baisse d’environ 1 % la veille. Le marché attend, ce mercredi 29 juillet 2026, le signal de politique monétaire de la Réserve fédérale américaine, la banque centrale des États-Unis.
La Fed concentre l’attention du marché de l’or
La Réserve fédérale américaine s’est réunie les 28 et 29 juillet pour décider de l’évolution de ses taux. Son taux directeur se situe entre 3,50 % et 3,75 %. Le taux directeur est le taux auquel une banque centrale influence le coût du crédit dans l’économie. Quand il monte, les emprunts deviennent plus chers et l’activité peut ralentir.
Avant la décision, les marchés attribuaient une probabilité de 62 % à un maintien des taux. Une hausse de 25 points de base restait toutefois envisagée. Un point de base correspond à 0,01 point de pourcentage : 25 points de base équivalent donc à 0,25 point.
Pour l’or, l’enjeu est direct. Le métal jaune ne verse ni intérêt ni dividende. Il est donc souvent qualifié d’actif sans rendement. Lorsque les taux montent, les obligations et les placements en dollars deviennent plus attractifs en comparaison. Cela peut peser sur l’or.
Trois scénarios pour le métal jaune
Le premier scénario serait un maintien des taux accompagné d’un message accommodant. Un ton accommodant signifie que la banque centrale laisse entendre qu’elle pourrait soutenir l’économie ou assouplir sa politique plus tard. Ce scénario pourrait soutenir l’or, surtout si le dollar s’affaiblit.
Le deuxième scénario serait un statu quo avec un discours restrictif. Un ton restrictif signifie que la Fed insiste sur la lutte contre l’inflation et garde la porte ouverte à de futures hausses. Dans ce cas, l’or pourrait rester sous pression.
Le troisième scénario serait une hausse surprise des taux. Il renforcerait probablement le dollar et les rendements réels. Les rendements réels sont les rendements des placements corrigés de l’inflation. Quand ils montent, ils réduisent souvent l’attrait de l’or.
Le pétrole réactive le risque inflationniste
L’autre facteur clé vient de l’énergie. En juillet, les prix du pétrole ont progressé d’environ 20 %, sous l’effet des tensions au Moyen-Orient et des risques pesant sur certaines exportations saoudiennes via la mer Rouge.
Cette hausse est surveillée de près. Le pétrole entre dans les coûts de transport, de production et de chauffage. Quand son prix grimpe, il peut alimenter l’inflation, c’est-à-dire la hausse générale des prix.
C’est précisément ce qui complique la tâche de la Fed. Si l’inflation reste trop élevée, la banque centrale peut être incitée à maintenir des taux élevés, voire à les relever. Certains responsables de la Fed, comme Lorie Logan et Beth Hammack, auraient défendu la nécessité de taux plus élevés dans ce contexte.
Un signal important pour les investisseurs européens
Pour un investisseur belge ou européen, le cours de l’or en dollars ne dit pas tout. L’évolution du dollar face à l’euro compte aussi. Si le dollar se renforce, l’or libellé en euros peut mieux résister, même lorsque le prix en dollars recule.
La séance du 28 juillet l’a montré : l’or était tombé vers 4 030 dollars l’once, pénalisé par un dollar fort et par l’incertitude avant la Fed. Le métal jaune se reprend désormais autour de 4 075 dollars, mais sans véritable cassure.
La décision de la Fed devrait donc donner le ton à court terme. Si l’inflation liée à l’énergie inquiète davantage, l’or pourrait rester tiraillé entre son rôle de protection contre la perte de pouvoir d’achat et la pression exercée par des taux d’intérêt plus élevés.



