3 978 dollars l’once : l’or au comptant est repassé vendredi 30 octobre sous le seuil symbolique des 4 000 dollars. À 12 h 38, les contrats à terme sur l’or s’échangeaient pour leur part à 3 988 dollars l’once.

Ce recul intervient dans un contexte de remontée des prix du pétrole et de données américaines sur l’inflation jugées décevantes. Les marchés anticipent dès lors que la Réserve fédérale américaine (Fed) pourrait maintenir, voire relever, ses taux d’intérêt.

Pourquoi des taux élevés pèsent sur l’or

L’or est un actif dit non rémunérateur : détenir un lingot, une pièce ou un produit financier adossé à l’or ne procure ni intérêt ni dividende. Lorsque les taux d’intérêt montent, les obligations et certains placements monétaires offrent en revanche un rendement plus élevé.

Cette comparaison peut réduire l’attrait de l’or pour les investisseurs, particulièrement lorsque l’inflation pousse les banques centrales à durcir leur politique monétaire. La hausse attendue des taux augmente aussi le coût d’opportunité de la détention du métal précieux : l’épargnant renonce à un revenu d’intérêt potentiel en privilégiant l’or.

Le pétrole ravive la crainte d’une inflation durable

La hausse du pétrole contribuerait à ce mouvement. Des tensions géopolitiques dans le détroit d’Ormuz, zone stratégique pour le transport maritime d’hydrocarbures, alimenteraient les inquiétudes sur l’approvisionnement énergétique.

Un pétrole plus cher se répercute souvent sur les coûts de transport, de production et, à terme, sur les prix payés par les ménages. Les investisseurs redoutent donc une inflation plus persistante. Cette perspective renforcerait la probabilité d’un resserrement monétaire de la Fed, c’est-à-dire de taux directeurs plus élevés ou maintenus longtemps à un niveau élevé.

L’effet sur l’or n’est toutefois pas automatique. Le métal jaune constitue aussi traditionnellement une protection recherchée contre l’inflation et l’incertitude géopolitique. À court terme, la réaction du marché semble néanmoins dominée par la perspective de rendements obligataires plus attractifs.

Une semaine et un mois orientés à la baisse

Le passage sous 4 000 dollars place l’or sur la voie d’une perte hebdomadaire. Le métal précieux se dirige également vers un deuxième mois consécutif de recul.

Pour les épargnants belges et européens, le prix en dollars ne correspond pas exactement au prix affiché en euros. Le taux de change entre l’euro et le dollar influence directement la cotation locale de l’or. Une baisse de l’or en dollars peut ainsi être atténuée, ou accentuée, par l’évolution de la devise américaine.

Le seuil des 4 000 dollars restera un niveau technique et psychologique très surveillé. L’évolution des prix du pétrole, des indicateurs d’inflation américains et des décisions de la Fed déterminera largement si ce repli se prolonge ou si l’or retrouve rapidement ce cap.

Spécialiste des marchés des matières premières, Lucas décrypte les cours de l’or et de l’argent à travers l’analyse technique et macroéconomique.

Prix de l’Or aide tous ceux et celles qui s’intéressent à l’économie et à la préservation de leur capital à décrypter l’actualité mondiale et son impact sur la valeur de l’or grâce à une analyse factuelle et pédagogique. Prix de l’or – Une information en Or

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