3 709,50 euros l’once : l’or recule à peine, alors que le dollar index gagne près de 1 % et que le CAC 40 perd plus de 2 %. Cette divergence illustre une séance tendue sur les marchés, où le métal jaune semble continuer de jouer son rôle de protection relative.

L’once d’or s’établit à 3 709,50 euros lundi 5 octobre, en baisse de 0,20 % sur 24 heures. Dans le même temps, le dollar index progresse de 0,96 %, à 102,34 points, et le CAC 40 tombe à 7 897 points, soit un recul de 2,24 %.

Un dollar plus fort pèse habituellement sur l’or

Le dollar index mesure la valeur du dollar américain face à un panier de grandes devises. Lorsqu’il progresse, l’or coté en dollars devient généralement plus coûteux pour les acheteurs utilisant d’autres monnaies. Cela tend habituellement à freiner la demande et à peser sur le prix du métal.

Cette fois, le mouvement paraît limité : une hausse de près de 1 % du billet vert ne s’accompagne que d’un recul de 0,20 % de l’or exprimé en euros. L’euro recule d’ailleurs à 1,1184 dollar.

Ce décalage pourrait traduire une demande de protection persistante. L’or ne procure ni intérêt ni dividende, mais il est souvent recherché lors des périodes d’incertitude financière, boursière ou monétaire. Cette fonction de valeur refuge désigne sa capacité supposée à mieux préserver le capital que des actifs plus risqués lorsque les marchés se dégradent.

Le CAC 40 accuse la plus forte baisse

La chute du CAC 40 constitue le mouvement le plus marqué parmi les actifs suivis durant cette séance. L’indice phare de la Bourse de Paris perd 2,24 %.

Cette baisse pourrait refléter une réévaluation du risque associé aux actifs français. Plusieurs indicateurs macroéconomiques alimenteraient cette prudence : une dette publique française estimée à 119,7 % du produit intérieur brut, une croissance qui plafonnerait à 0,5 % par an et un taux de chômage qui aurait atteint 8,2 % en août.

Le rendement de l’OAT à dix ans — l’obligation d’État française servant de référence pour le coût d’emprunt de la France — s’établirait autour de 4 %. Un rendement plus élevé signifie que l’État doit offrir davantage d’intérêts pour emprunter sur les marchés. Cela peut accroître les inquiétudes sur la trajectoire des finances publiques et peser sur les valorisations boursières.

L’or physique peut répondre à une logique locale

Dans ce contexte, la demande française d’or physique pourrait contribuer à limiter le repli du métal. Pour un épargnant, l’or physique désigne notamment les lingots, lingotins et pièces d’investissement, détenus directement plutôt qu’au travers d’un produit financier.

Cette demande ne garantit pas une hausse des cours et ne supprime pas le risque de prix. Elle peut toutefois expliquer pourquoi l’or résiste relativement mieux que les actions françaises lors d’une phase de forte aversion au risque.

La Banque centrale européenne maintiendrait par ailleurs son taux directeur à 2,65 %, tandis que sa facilité de dépôt serait fixée à 2,5 % depuis le 16 septembre. Des taux élevés soutiennent en principe les placements rémunérés et constituent un frein pour l’or, qui ne verse pas de revenu. Mais ils ne suffisent pas nécessairement à faire disparaître l’intérêt pour le métal lorsque les inquiétudes économiques dominent.

L’argent progresse, porté aussi par le pétrole

L’argent fait mieux que l’or sur la séance : l’once gagne 0,68 %, à 54,75 euros. Le pétrole WTI avance aussi de 0,81 %, à 90,10 dollars le baril.

L’argent possède une double nature. Il peut être acheté comme métal précieux en période d’incertitude, mais il est également utilisé dans l’industrie, notamment dans l’électronique et les technologies énergétiques. La hausse du pétrole pourrait donc renforcer les anticipations d’inflation ou d’activité industrielle, deux éléments susceptibles de soutenir ce marché.

La séance du 5 octobre rappelle ainsi qu’un dollar fort n’entraîne pas mécaniquement une forte correction de l’or. Face au repli brutal des actions françaises, le métal jaune conserve une résistance relative, même si son cours recule légèrement.

Spécialiste des marchés des matières premières, Lucas décrypte les cours de l’or et de l’argent à travers l’analyse technique et macroéconomique.

Prix de l’Or aide tous ceux et celles qui s’intéressent à l’économie et à la préservation de leur capital à décrypter l’actualité mondiale et son impact sur la valeur de l’or grâce à une analyse factuelle et pédagogique. Prix de l’or – Une information en Or

INFORMER VOUS

Exit mobile version