Après son récent mouvement de baisse, l’or se serait stabilisé ce 24 septembre. La hausse du pétrole et plusieurs données économiques américaines auraient apporté un soutien au métal jaune, dans un marché qui reste sensible aux tensions au Moyen-Orient et à l’évolution des taux d’intérêt.

Aucun cours de clôture précis n’est disponible dans les éléments consultés. Cette absence impose la prudence : il s’agit davantage d’un arrêt du repli que du signal confirmé d’une nouvelle hausse durable.

Le pétrole ravive le risque d’inflation

Le pétrole reste au centre de l’attention des investisseurs. Les tensions dans la région du Golfe entretiennent la crainte de perturbations de l’offre énergétique. Lorsque le baril augmente, le coût du transport, de l’industrie et de nombreux biens peut progresser à son tour. Cette mécanique nourrit les anticipations d’inflation, c’est-à-dire les attentes de hausse future des prix.

L’or est souvent considéré comme une protection partielle contre l’érosion du pouvoir d’achat. Il ne verse ni intérêt ni dividende, mais il peut attirer les investisseurs lorsque l’inflation, les risques géopolitiques ou l’incertitude financière augmentent.

Ce soutien n’est toutefois pas automatique. Un pétrole plus cher peut aussi pousser les marchés à anticiper des taux directeurs plus élevés ou maintenus plus longtemps par les banques centrales. Or, des taux élevés rendent les obligations et les produits d’épargne rémunérés plus compétitifs face à l’or.

Les données américaines influencent le dollar et les taux

Les indicateurs publiés aux États-Unis sont particulièrement suivis par le marché de l’or. Ils peuvent modifier les anticipations concernant la Réserve fédérale américaine, la Fed, et donc les rendements obligataires américains ainsi que le dollar.

Le rendement obligataire correspond au revenu attendu d’une obligation. Lorsqu’il progresse, le coût d’opportunité de la détention d’or augmente : conserver un métal qui ne rapporte pas d’intérêt devient relativement moins attractif. À l’inverse, un recul des rendements ou des perspectives de baisse de taux tend à soutenir le métal précieux.

Une légère faiblesse attendue du dollar pourrait également constituer un facteur favorable. L’or étant principalement coté en dollars, un billet vert moins cher peut rendre le métal plus accessible aux acheteurs utilisant d’autres devises, notamment l’euro.

Un marché encore volatil pour les épargnants belges

Le rebond observé en fin d’été après une correction antérieure rappelle que l’or peut connaître des variations rapides. Les niveaux de prix évoqués ces dernières semaines, y compris un sommet historique rapporté par une seule source, doivent donc être considérés avec réserve tant qu’ils ne sont pas recoupés.

Pour un acheteur belge, le suivi du cours en dollars ne suffit pas. Le prix réellement payé dépend aussi du taux euro-dollar, de la prime appliquée aux pièces ou lingots, ainsi que des frais de livraison ou de stockage. La prime est l’écart entre la valeur du métal contenu dans un produit et son prix de vente final.

La stabilisation actuelle pourrait offrir un répit après la baisse, mais elle ne supprime pas les principaux risques : nouvelle envolée du pétrole, remontée des rendements obligataires ou renforcement du dollar. Dans ce contexte, l’or conserve son rôle de diversification, plutôt que celui d’un placement à court terme sans risque.

Spécialiste des marchés des matières premières, Lucas décrypte les cours de l’or et de l’argent à travers l’analyse technique et macroéconomique.

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