55 % : c’est désormais la probabilité attribuée par le baromètre FedWatch à un maintien des taux de la Réserve fédérale américaine en septembre. Dans ce contexte, l’or recule et son rallye haussier perd de la vitesse, tandis que les marchés intègrent aussi de possibles négociations entre l’Iran et Oman sur le détroit d’Ormuz.

L’or marque une pause après sa progression

Le prix de l’or a diminué récemment sur les marchés mondiaux. Le mouvement intervient après une phase de hausse, souvent appelée rallye. Ce terme désigne une progression rapide et soutenue d’un actif financier, comme l’or, sur une période courte.

Deux facteurs dominent la séance : la politique monétaire américaine et le risque géopolitique au Moyen-Orient. Pour les investisseurs européens et belges, ces deux éléments sont essentiels. L’or est coté internationalement en dollars, mais acheté en euros par de nombreux particuliers. Une variation du dollar ou des taux américains peut donc modifier le prix réellement payé en Belgique.

La Fed reste au centre du marché de l’or

La Réserve fédérale américaine, ou Fed, est la banque centrale des États-Unis. Elle fixe les taux directeurs, c’est-à-dire le prix auquel l’argent circule dans l’économie américaine. Quand ces taux restent élevés, les obligations et les placements rémunérés deviennent plus attractifs.

L’or, lui, ne verse ni intérêt ni dividende. Son détenteur espère surtout préserver son capital ou profiter d’une hausse du cours. C’est pourquoi des taux élevés peuvent peser sur le métal jaune : ils augmentent ce que les investisseurs appellent le coût d’opportunité, c’est-à-dire le rendement auquel ils renoncent en détenant de l’or plutôt qu’un actif rémunéré.

Les chiffres de l’emploi non agricole américain, ou NFP, publiés le 7 août, ont surpris à la baisse. Les NFP mesurent les créations d’emplois hors secteur agricole aux États-Unis. Après cette publication, les marchés ont réduit leurs anticipations de hausse de taux d’ici fin 2026, autour de 30 %. Mais l’idée dominante reste celle d’une Fed prudente, avec une probabilité de 55 % d’un statu quo en septembre.

Pour l’or, le message est ambigu : moins de hausses de taux soutiennent le métal, mais l’absence de baisse rapide limite l’enthousiasme.

Ormuz réduit temporairement la prime de risque

Le deuxième facteur vient du détroit d’Ormuz, passage maritime situé entre l’Iran et Oman. Cette zone est stratégique car une part importante du pétrole mondial y transite. En période de tension, l’or bénéficie souvent de son statut de valeur refuge, c’est-à-dire d’un actif recherché quand les investisseurs craignent une crise politique, militaire ou financière.

L’Iran et Oman devraient engager des négociations afin d’établir des couloirs pour la navigation commerciale dans le détroit. Téhéran souhaiterait toutefois percevoir des redevances et refuserait l’inclusion des États-Unis dans les discussions. Les chances de succès resteraient donc limitées, malgré une trêve temporaire dans les échanges de tirs.

Même incertain, ce début de dialogue suffit à réduire une partie de la prime géopolitique intégrée dans le prix de l’or. La prime de risque correspond à la hausse du prix liée à la crainte d’un événement grave. Si le risque paraît diminuer, cette prime peut se dégonfler.

Un signal à surveiller pour les acheteurs en euros

La baisse actuelle ne remet pas nécessairement en cause l’intérêt de long terme pour l’or. Elle montre surtout que le marché reste très sensible aux annonces de la Fed et aux tensions au Moyen-Orient.

Pour un acheteur en Belgique ou en zone euro, trois éléments méritent attention : le cours international de l’once, le taux de change euro-dollar et la prime appliquée aux pièces ou lingots. L’once correspond à 31,103 grammes d’or. La prime désigne l’écart entre la valeur en or pur d’un produit et son prix de vente réel.

À court terme, la réunion de septembre de la Fed et l’évolution des discussions autour d’Ormuz devraient orienter le marché. Un apaisement durable pourrait freiner l’or ; une rechute géopolitique ou un signal plus accommodant de la Fed pourrait au contraire relancer la demande refuge.

Spécialiste des marchés des matières premières, Lucas décrypte les cours de l’or et de l’argent à travers l’analyse technique et macroéconomique.

Prix de l’Or aide tous ceux et celles qui s’intéressent à l’économie et à la préservation de leur capital à décrypter l’actualité mondiale et son impact sur la valeur de l’or grâce à une analyse factuelle et pédagogique. Prix de l’or – Une information en Or

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