Autour de 4 041 à 4 046 dollars l’once, l’or reste à un niveau historiquement élevé, mais il s’éloigne nettement de son pic de janvier 2026, proche de 5 595 dollars. Le mouvement du jour est clair : le prix de l’or recule sous la pression d’un dollar ferme et de rendements américains élevés.

Le marché mondial de l’or évolue ce 28 juillet 2026 dans un environnement moins favorable au métal jaune. Le rendement de l’obligation américaine à 10 ans atteint 4,69 %. Le taux des fonds fédéraux, principal taux directeur de la Réserve fédérale américaine, se situe à 3,63 %. Ces niveaux renforcent l’attrait des placements rémunérés, comme les obligations, face à l’or.

L’or est un actif dit non rémunérateur : il ne verse ni intérêt ni dividende. Quand les taux montent, les investisseurs peuvent préférer des actifs qui rapportent un revenu régulier. C’est ce mécanisme qui pèse actuellement sur le métal précieux.

Le dollar fort pèse directement sur l’or

L’or est coté principalement en dollars sur les marchés internationaux. Quand le dollar américain se renforce, l’or devient plus cher pour les acheteurs qui utilisent d’autres devises, comme l’euro. Cette hausse du coût d’achat peut réduire la demande mondiale.

Pour un investisseur belge ou européen, ce point est important. Une baisse du prix de l’or en dollars peut être atténuée, ou parfois amplifiée, par l’évolution du taux de change euro-dollar. Le cours en euros ne suit donc pas toujours exactement le cours en dollars.

Le prix spot, c’est-à-dire le prix de l’or pour une livraison quasi immédiate, se situe actuellement autour de 4 041,50 à 4 045,89 dollars l’once. L’once utilisée sur le marché de l’or est l’once troy, qui correspond à environ 31,1 grammes.

Les rendements obligataires augmentent le coût d’opportunité

Le principal frein pour l’or vient du coût d’opportunité. Ce terme désigne ce qu’un investisseur renonce à gagner en choisissant un actif plutôt qu’un autre. Détenir de l’or permet de diversifier un patrimoine et de se protéger contre certains risques, mais ne génère pas de revenu.

À l’inverse, une obligation d’État américaine offre un rendement. Plus ce rendement augmente, plus la comparaison devient défavorable à l’or à court terme. C’est pourquoi le niveau du taux américain à 10 ans, à 4,69 %, est surveillé de près par les marchés.

La perspective de nouvelles hausses de taux par la Réserve fédérale accentue cette pression. Une politique monétaire plus restrictive signifie que la banque centrale limite la création de crédit pour freiner l’inflation. Ce contexte soutient généralement le dollar et les rendements obligataires, deux facteurs défavorables au métal jaune.

Les tensions géopolitiques ne suffisent pas à soutenir les cours

Les tensions au Moyen-Orient auraient pu soutenir l’or, souvent recherché comme valeur refuge. Une valeur refuge est un actif vers lequel les investisseurs se tournent en période d’incertitude politique, financière ou militaire.

Mais cette fois, le marché interprète aussi ces tensions comme un facteur inflationniste. Si les risques géopolitiques font monter les prix de l’énergie ou perturbent le commerce mondial, l’inflation peut repartir. Dans ce cas, la Réserve fédérale pourrait maintenir des taux élevés plus longtemps, voire les relever encore.

Cette lecture réduit l’effet refuge de l’or. Les anticipations de taux l’emportent donc, pour l’instant, sur la demande de protection.

Des prévisions prudentes pour les prochains mois

À court terme, les projections disponibles placent le prix de l’or entre 3 650 et 3 900 dollars l’once pour les 30 prochains jours. Cela impliquerait une poursuite de la correction depuis les niveaux actuels.

Pour la fin 2026, WalletInvestor anticiperait un cours proche de 3 943 dollars l’once, tandis que LongForecast viserait environ 3 459 dollars. Pour 2027, WalletInvestor verrait encore une tendance modérément baissière, avec un niveau autour de 3 737 dollars en fin d’année.

Ces prévisions doivent rester prises avec prudence. Elles reposent sur des modèles et des hypothèses de marché. Elles peuvent évoluer rapidement si le dollar se retourne, si les taux baissent, ou si une crise géopolitique provoque un regain brutal de demande pour l’or physique.

Le soutien de long terme reste présent

À plus long terme, un autre facteur pourrait soutenir le marché : les banques centrales de plusieurs pays émergents, dont la Chine, l’Inde et la Russie, poursuivraient leurs achats d’or dans une logique de dédollarisation. La dédollarisation consiste à réduire la dépendance aux actifs libellés en dollars, notamment dans les réserves officielles.

Ces achats d’or physique peuvent créer un socle de demande durable. Ils ne suffisent toutefois pas toujours à empêcher une baisse à court terme, surtout lorsque le dollar et les taux américains progressent simultanément.

Pour les épargnants, le signal principal reste donc macroéconomique : tant que le dollar demeure ferme et que les rendements obligataires restent élevés, l’or peut rester sous pression. Le métal jaune conserve son rôle de diversification, mais son prix dépend aujourd’hui d’abord des taux américains et du billet vert.

Spécialiste des marchés des matières premières, Lucas décrypte les cours de l’or et de l’argent à travers l’analyse technique et macroéconomique.

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