3 582,34 euros l’once, soit 115,17 euros le gramme : l’or a perdu 3,0 % en une semaine. Ce repli intervient à quelques jours des décisions de la Réserve fédérale américaine (Fed) et de la Banque centrale européenne (BCE), deux rendez-vous susceptibles d’orienter les taux d’intérêt, le dollar et, indirectement, les métaux précieux.

Le 26 octobre à 10h43, l’once — unité de référence équivalant à 31,103 grammes d’or fin — cote 3 582,34 euros. La baisse atteint 4,8 % sur un mois. La trajectoire demeure toutefois positive sur trois mois (+1,3 %) et sur quatre mois (+1,9 %).

Les banques centrales au centre de l’attention

La Fed doit rendre sa décision mercredi, suivie de la BCE jeudi. Les marchés anticiperaient un statu quo de la banque centrale américaine. La BCE maintiendrait également ses taux, avec un taux directeur à 2,65 % et un taux de dépôt à 2,5 %.

Un taux directeur est le taux fixé par une banque centrale pour guider le coût du crédit dans l’économie. Le taux de dépôt correspond, lui, à la rémunération des liquidités que les banques placent auprès de la banque centrale. Ces niveaux comptent pour l’or : le métal ne verse ni intérêt ni dividende. Des rendements élevés peuvent donc renforcer l’attrait relatif des obligations ou des placements rémunérés.

L’absence de surprise attendue expliquerait l’attentisme actuel. Les investisseurs semblent limiter leurs prises de position avant de connaître le ton des banques centrales et leurs indications sur la suite de leur politique monétaire.

Un effet de change limité pour les acheteurs européens

Le recul reste contenu en euros par la relative stabilité du marché des changes. L’euro évolue autour de 1,1229 dollar, en hausse de 0,07 % sur vingt-quatre heures. Le dollar index, un indicateur qui mesure le dollar face à un panier de devises, se situe à 101,78.

Cette stabilité est importante pour les épargnants belges et européens. L’or est principalement négocié en dollars sur le marché international, puis converti en euros. Un fort mouvement de l’euro face au dollar peut donc amplifier ou atténuer la variation du métal exprimée en euros. Cette fois, le change n’a pas accentué la baisse.

Fin septembre, les attentes de marché avaient déjà évolué. ABC Bourse rapportait alors que les anticipations d’un relèvement des taux de la Fed en octobre diminuaient, après des propos de John Williams laissant entendre que l’institution pourrait attendre décembre. Les rendements obligataires avaient alors reculé aux États-Unis comme en zone euro.

L’argent baisse davantage que l’or

L’argent subit une correction plus marquée : -5,3 % sur sept jours et -14,6 % sur un mois, d’après les relevés de BDOR. Le ratio or/argent atteint 74,3, contre 66,6 un mois auparavant.

Ce ratio indique combien d’onces d’argent sont nécessaires pour acheter une once d’or. Sa hausse signifie que l’argent perd du terrain par rapport à l’or. Ce métal est à la fois un actif d’investissement et une matière première industrielle, notamment utilisée dans l’électronique et le solaire. Cette composante industrielle le rend généralement plus sensible aux perspectives de croissance et au niveau des taux.

La baisse hebdomadaire de l’or ne remet donc pas encore en cause sa progression observée sur plusieurs mois. Les annonces de la Fed et de la BCE, ainsi que la réaction du dollar, devraient désormais donner une direction plus claire au marché à court terme.

Spécialiste des marchés des matières premières, Lucas décrypte les cours de l’or et de l’argent à travers l’analyse technique et macroéconomique.

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