Le cours de l’or a légèrement progressé lundi 26 octobre, alors que le recul du pétrole a apaisé les inquiétudes liées à l’inflation. Les investisseurs restent toutefois prudents avant la prochaine décision de politique monétaire de la Réserve fédérale américaine (Fed).
L’or et le pétrole sont liés par le canal de l’inflation. Lorsque l’énergie devient moins chère, la hausse générale des prix risque en principe de ralentir. Les banques centrales disposent alors de davantage de marge pour réduire leurs taux d’intérêt. Or, cette perspective est généralement favorable au métal jaune.
Le pétrole réduit la pression sur les anticipations de taux
Le repli des cours du pétrole contribue à calmer les anticipations inflationnistes. L’inflation désigne la hausse durable des prix des biens et services. Un pétrole cher peut renchérir les transports, le chauffage et de nombreux produits manufacturés, poussant les banques centrales à conserver des taux élevés.
Des taux d’intérêt élevés constituent souvent un frein pour l’or. Le métal ne verse ni coupon ni dividende : le détenir présente donc un coût d’opportunité plus important lorsque les obligations ou les comptes rémunérés offrent des rendements élevés. À l’inverse, l’espoir de taux plus bas réduit cet avantage des placements portant intérêt et peut soutenir la demande d’or.
La hausse observée ce lundi reste modérée. Elle traduit surtout un changement de sentiment sur l’inflation plutôt qu’un signal suffisant pour conclure à une nouvelle tendance durable.
La décision de la Fed reste le rendez-vous déterminant
Les opérateurs attendent désormais la communication de la Fed. La banque centrale américaine fixe sa politique de taux directeurs, qui influence le dollar, les rendements obligataires et, indirectement, le cours de l’or libellé en dollars.
Un ton plus accommodant — c’est-à-dire laissant envisager une baisse future des taux — serait susceptible de soutenir davantage le métal précieux. À l’inverse, si la Fed insiste sur la nécessité de maintenir une politique restrictive pour combattre l’inflation, l’or pourrait subir des prises de bénéfices.
Pour un épargnant belge ou européen, le prix affiché en euros ne dépend pas uniquement de l’once d’or en dollars. Il dépend aussi du taux de change entre l’euro et le dollar. Une baisse du dollar peut ainsi limiter, en euros, une hausse enregistrée sur le marché international.
Un soutien structurel, mais des prévisions à traiter avec prudence
À plus long terme, les achats d’or par certaines banques centrales et l’intérêt des investisseurs institutionnels pour les ETF adossés à l’or pourraient continuer de soutenir le marché. Un ETF est un fonds coté en Bourse qui permet de s’exposer au prix de l’or sans détenir directement des pièces ou des lingots.
Des estimations de marché plaçaient l’once autour de 4 200 dollars à la fin octobre. Ces niveaux doivent néanmoins être considérés avec prudence : il s’agit de prévisions, non de cours constatés, et la volatilité peut rester importante à court terme.
Le repli du pétrole donne donc un appui conjoncturel à l’or, mais l’orientation de la Fed demeurera le principal catalyseur des prochains mouvements. Pour les acheteurs de métal physique, une approche progressive reste préférable à une décision fondée sur une seule séance de marché.


