Le cours spot de l’or est passé sous 4 000 dollars l’once ce 27 octobre 2026. Le renforcement du dollar américain et les incertitudes entourant la prochaine décision de la Réserve fédérale (Fed) ont pesé sur le métal précieux à court terme.

Cette baisse intervient à la veille d’une réunion du Comité fédéral d’open market (FOMC), l’organe de la Fed qui fixe les taux directeurs américains. Sa réunion est programmée les 27 et 28 octobre à Washington. Les investisseurs attendent aussi les prochains chiffres d’inflation, notamment l’indice PCE, l’indicateur privilégié par la banque centrale américaine.

Pourquoi un dollar fort pèse sur l’or

L’or est coté internationalement en dollars. Lorsque la monnaie américaine se renforce, le métal devient mécaniquement plus coûteux pour les acheteurs utilisant l’euro ou d’autres devises. Cette hausse du prix exprimé dans leur monnaie peut réduire la demande à court terme.

Le métal jaune ne verse par ailleurs ni intérêt ni dividende. Il est donc qualifié d’actif non rémunérateur. Lorsque les taux d’intérêt et les rendements obligataires progressent, les obligations et certains produits monétaires offrent une rémunération plus élevée. Le coût d’opportunité de détenir de l’or augmente alors.

Les marchés réévaluent actuellement la probabilité d’un statu quo ou de nouvelles hausses de taux de la Fed. Une politique monétaire durablement restrictive soutiendrait en principe le dollar et les rendements, deux facteurs généralement défavorables au cours de l’or.

Une inflation américaine encore surveillée

Le mouvement n’est pas isolé. Le 14 octobre, la publication d’un indice des prix à la consommation américain de septembre en hausse de 3,7 % sur un an, contre 3,6 % anticipés, avait déjà entraîné un recul de l’or vers 4 100 dollars l’once.

Une inflation supérieure aux attentes peut inciter les investisseurs à envisager des taux directeurs plus élevés, ou maintenus plus longtemps à un niveau élevé. L’effet sur l’or dépendra désormais du message de la Fed et de l’évolution des indicateurs économiques américains.

Des soutiens structurels malgré la correction

Le passage sous 4 000 dollars ne signifie pas nécessairement un retournement durable de la demande mondiale. Les données disponibles indiquent que les ETF aurifères physiques — des fonds cotés détenant de l’or pour répliquer son prix — auraient continué d’enregistrer des entrées de capitaux en septembre. Ces flux auraient atteint environ 10 milliards de dollars sur le mois et 31 milliards au troisième trimestre, à confirmer.

Les banques centrales resteraient également présentes sur le marché. Leurs achats répondent notamment à une logique de diversification des réserves de change et de réduction de la dépendance au dollar, même si les chiffres détaillés disponibles doivent être considérés avec prudence.

Pour les épargnants belges et européens, le seuil de 4 000 dollars doit enfin être distingué du prix en euros. L’évolution de la parité euro-dollar, la prime appliquée aux pièces et lingots, ainsi que les frais du vendeur déterminent le prix effectivement payé. La décision de la Fed et la réaction du dollar seront les prochains éléments déterminants pour apprécier si cette correction reste temporaire ou s’installe davantage.

Spécialiste des marchés des matières premières, Lucas décrypte les cours de l’or et de l’argent à travers l’analyse technique et macroéconomique.

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