Le recul du pétrole pourrait offrir un soutien supplémentaire à l’or : en diminuant les craintes d’inflation, il rendrait moins probable un durcissement durable des taux d’intérêt. Pour les investisseurs, cette relation entre énergie, inflation et politique monétaire reste déterminante.
L’or progresserait ce 22 septembre, porté par l’apaisement des tensions inflationnistes lié à la baisse des prix du pétrole. Le mouvement intervient dans un contexte où le métal jaune avait déjà fortement rebondi durant l’été, après une correction au premier semestre 2026.
Pourquoi le pétrole influence l’or
Le pétrole pèse directement sur les coûts de transport, de chauffage et de production industrielle. Lorsqu’il renchérit, les entreprises peuvent répercuter une partie de cette hausse sur leurs prix de vente. Ce mécanisme alimente l’inflation, c’est-à-dire la hausse générale et durable des prix.
Face à une inflation plus élevée, les banques centrales peuvent être tentées de relever leurs taux d’intérêt, ou de les maintenir élevés plus longtemps. Or, l’or ne verse ni intérêt ni dividende. Des rendements plus élevés sur les obligations ou les placements monétaires peuvent donc réduire l’intérêt relatif du métal précieux.
À l’inverse, la baisse du pétrole réduirait les anticipations d’inflation. Les marchés pourraient alors envisager une politique monétaire moins restrictive. Ce cadre serait généralement favorable à l’or.
Un soutien, mais pas une relation automatique
Le lien entre pétrole et or n’est toutefois pas mécanique. Une forte baisse du brut peut aussi refléter des inquiétudes sur la croissance mondiale. Dans ce cas, l’or peut être recherché comme valeur refuge, c’est-à-dire comme un actif que les investisseurs privilégient lors des périodes d’incertitude économique ou géopolitique.
Les tensions dans la région du Golfe maintiendraient par ailleurs une importante volatilité sur le marché de l’énergie. La volatilité désigne l’ampleur et la rapidité des variations de prix. Tout rebond marqué du pétrole pourrait donc rapidement remettre l’inflation au centre des préoccupations.
Une analyse publiée le 21 septembre par Deutsche Bank estimait que l’or conserverait un potentiel de hausse. La banque anticiperait notamment un léger affaiblissement du dollar. Comme l’or est principalement coté en dollars, un billet vert moins cher rend habituellement le métal plus accessible aux acheteurs utilisant d’autres devises, dont l’euro.
Après le rebond estival, les investisseurs surveillent les taux
Fin août, l’or évoluait autour de 4 600 dollars l’once après un fort rebond estival, selon les éléments disponibles. Une once troy, l’unité de référence des métaux précieux, représente 31,103 grammes.
La trajectoire du pétrole reste désormais un indicateur à suivre pour les épargnants belges et européens intéressés par l’or. Un reflux durable de l’énergie pourrait soutenir le métal jaune, à condition que le dollar et les taux réels n’évoluent pas défavorablement. Les taux réels correspondent aux taux d’intérêt corrigés de l’inflation : ils constituent l’un des principaux repères pour évaluer le coût d’opportunité de détenir de l’or.
Dans l’immédiat, le repli du pétrole allègerait un frein potentiel à la hausse du métal. Mais l’évolution du conflit régional, des prix de l’énergie et des messages des banques centrales restera déterminante pour la suite.


