4.400 dollars l’once : l’or resterait accroché à un niveau élevé ce 7 septembre 2026. D’après des données de marché relayées par Investing.com, le métal jaune se maintiendrait près de ce seuil sur le marché international, dans un contexte de tensions entre les États-Unis et l’Iran.
L’once d’or désigne ici l’once troy, l’unité de référence des métaux précieux. Elle correspond à environ 31,1 grammes. À 4.400 dollars l’once, le prix reste donc très élevé pour les investisseurs européens, même si le coût réel dépend aussi du taux de change euro-dollar.
Les tensions géopolitiques soutiendraient l’or
Le principal moteur du moment serait géopolitique. Les tensions entre Washington et Téhéran renforceraient la recherche de sécurité sur les marchés. Dans ce type de contexte, l’or est souvent qualifié d’actif refuge : cela signifie qu’il est recherché lorsque les investisseurs veulent réduire leur exposition aux actions, aux devises ou aux obligations jugées plus risquées.
La hausse récente du pétrole confirme la nervosité des marchés de matières premières. Début septembre, le Brent a gagné 7,1 % sur une semaine et le WTI 9,8 %, leurs plus fortes progressions depuis mi-juillet. Le Brent est le pétrole de référence en Europe, tandis que le WTI sert de référence aux États-Unis.
Ces mouvements traduisent des craintes sur l’approvisionnement au Moyen-Orient, après la montée des tensions impliquant les États-Unis, l’Iran et Israël.
La Fed complique la lecture du marché
Le paradoxe vient des anticipations de politique monétaire. Les tensions alimenteraient aussi des paris sur une hausse prochaine des taux de la Réserve fédérale américaine, la Fed, la banque centrale des États-Unis.
Une hausse des taux directeurs signifie que la banque centrale rend le crédit plus cher afin de freiner l’inflation. En théorie, cela pèse sur l’or. Le métal jaune ne verse ni intérêt ni dividende. Lorsque les obligations rapportent davantage, certains investisseurs préfèrent ces placements rémunérés.
Mais le marché peut parfois privilégier la protection au rendement. Si le risque géopolitique est jugé dominant, l’or peut rester soutenu même dans un environnement de taux plus élevés. C’est ce qui expliquerait son maintien près de 4.400 dollars l’once.
Ce que cela change pour les investisseurs belges
Pour un acheteur en Belgique ou en zone euro, deux variables doivent être surveillées : le prix international de l’once en dollars et le cours de l’euro face au dollar. Un dollar fort renchérit mécaniquement l’or pour un acheteur européen.
La situation invite aussi à distinguer le prix de marché et le prix réellement payé. Les pièces et lingots peuvent intégrer une prime, c’est-à-dire un écart entre la valeur du métal contenu et le prix de vente final. Cette prime dépend du produit, de la demande et de la disponibilité.
L’exemple du Vietnam rappelle ce risque. Début septembre, les prix locaux de l’or ont baissé après des achats réalisés plus haut. Certains acheteurs ont subi des pertes pouvant atteindre 6 millions de dongs vietnamiens par once, selon les cotations locales. Cela illustre l’importance du moment d’achat et de l’écart entre prix d’achat et prix de revente.
Un niveau élevé, mais fragile
Le maintien de l’or près de 4.400 dollars reposerait donc sur un équilibre délicat : tensions géopolitiques, pétrole en hausse, anticipations de taux et demande de protection.
La suite dépendra surtout de deux facteurs : l’évolution du dossier iranien et les signaux envoyés par la Fed. Pour les particuliers, la prudence reste centrale : comparer les primes, vérifier la liquidité du produit et éviter les achats précipités en période de forte volatilité.



