20 tonnes en un mois. En juillet 2026, la Banque populaire de Chine, la banque centrale chinoise, a ajouté 20 tonnes métriques d’or à ses réserves officielles, d’après les données du World Gold Council. Il s’agit de sa plus forte hausse mensuelle depuis octobre 2023.
Ce chiffre résume une tendance plus large : la Chine serait devenue l’une des forces majeures de la demande mondiale d’or. Cette évolution repose sur deux moteurs principaux : les achats officiels de la banque centrale et la demande des investisseurs chinois, notamment via les ETF liés à l’or.
Pékin renforce ses réserves stratégiques
La Banque populaire de Chine achète de l’or pour augmenter ses réserves officielles. Ces réserves sont les actifs détenus par une banque centrale pour soutenir la stabilité financière du pays. Elles peuvent comprendre des devises étrangères, comme le dollar, mais aussi de l’or physique.
L’achat de 20 tonnes en juillet 2026 confirme la volonté de Pékin de renforcer le poids du métal jaune dans ses avoirs stratégiques. L’or est souvent utilisé par les banques centrales comme actif de diversification. Cela signifie qu’il permet de ne pas dépendre uniquement d’une monnaie étrangère ou d’un marché financier.
Pour la Chine, cette stratégie répond à un objectif clair : réduire certains risques liés au dollar américain et consolider sa crédibilité financière internationale. L’or ne dépend d’aucun État émetteur, contrairement à une devise. Cette caractéristique explique son statut de valeur refuge, c’est-à-dire un actif recherché en période d’incertitude économique, monétaire ou géopolitique.
Les investisseurs chinois renforceraient aussi la demande
La demande chinoise ne viendrait pas seulement de la banque centrale. Les investisseurs privés chinois participeraient également à ce mouvement, notamment par l’intermédiaire des ETF or.
Un ETF, ou fonds négocié en bourse, est un produit financier coté comme une action. Un ETF adossé à l’or permet d’obtenir une exposition au prix de l’or sans acheter directement des pièces ou des lingots. Pour un particulier, c’est une manière plus simple et plus liquide d’investir dans le métal jaune. En revanche, l’investisseur détient une part de fonds, pas nécessairement de l’or physique en propre.
En 2026, les flux vers les ETF liés à l’or auraient renforcé le rôle de la Chine dans la demande mondiale. Cette dynamique traduirait une recherche de protection du capital, dans un contexte marqué par des incertitudes économiques et par une confiance plus prudente envers certains actifs financiers classiques.
Un contexte mondial favorable au métal jaune
La montée en puissance chinoise intervient dans un environnement déjà favorable à l’or. En août 2026, le cours du métal a été soutenu par plusieurs facteurs : la faiblesse du dollar américain, la baisse des taux réels aux États-Unis et la demande des investisseurs, notamment en Chine et en Europe.
Le cours de l’or désigne son prix sur les marchés internationaux, généralement exprimé en dollars par once. Une once d’or correspond à environ 31,1 grammes.
La faiblesse du dollar joue souvent en faveur de l’or. Comme le métal est coté en dollars, un dollar plus bas le rend moins cher pour les acheteurs utilisant d’autres devises, comme l’euro ou le yuan. Cela peut stimuler la demande mondiale.
Les taux réels sont les taux d’intérêt corrigés de l’inflation. Lorsque ces taux baissent, les placements rémunérés, comme certaines obligations, deviennent moins attractifs en termes de rendement réel. L’or, qui ne verse pas d’intérêt, devient alors plus compétitif dans les portefeuilles d’investissement.
Pourquoi la demande chinoise compte pour l’Europe
Pour les épargnants belges et européens, la Chine n’est pas un sujet lointain. Si la demande chinoise augmente, elle peut influencer l’équilibre mondial entre l’offre et la demande d’or. Or, cet équilibre pèse directement sur les prix.
Une banque centrale qui achète régulièrement de l’or retire du métal disponible du marché. Des investisseurs qui se tournent vers les ETF aurifères ajoutent une demande financière supplémentaire. Ces deux canaux peuvent soutenir les cours, surtout si l’offre minière progresse lentement.
L’impact n’est toutefois pas automatique. Le prix de l’or dépend aussi du dollar, des taux américains, des tensions géopolitiques, de l’inflation et du comportement des autres banques centrales. La Chine serait donc un moteur important, mais pas le seul.
Une demande appelée à peser durablement
La Chine combine aujourd’hui plusieurs profils d’acheteur : État, banque centrale, ménages et investisseurs financiers. Cette profondeur de marché expliquerait pourquoi le pays serait devenu un acteur clé de la demande mondiale d’or.
Pour un investisseur européen, la leçon principale est simple : suivre les achats chinois aide à comprendre une partie de la tendance du métal jaune. L’or reste un actif mondial, mais les décisions prises à Pékin peuvent désormais peser sur le prix payé à Bruxelles, Paris ou Luxembourg.
La progression des réserves chinoises en juillet 2026 confirme une chose : le marché de l’or ne se lit plus seulement à travers la Réserve fédérale américaine ou le dollar. Il se lit aussi, de plus en plus, à travers la stratégie financière de la Chine.



