4 561,21 dollars l’once. Le cours au comptant de l’or progresse ce 21 août 2026, soutenu par deux moteurs de marché : la baisse du dollar américain et les rachats renforcés de titres du Trésor à long terme aux États-Unis.
Le mouvement confirme une tendance favorable au métal jaune, avec une troisième hausse hebdomadaire consécutive. Le marché de l’or réagit à la fois aux changes, aux taux d’intérêt et à la gestion de la dette américaine.
L’or profite d’un dollar plus faible
Le cours au comptant, aussi appelé prix “spot”, désigne le prix de l’or pour une livraison immédiate. Il s’établit à 4 561,21 dollars l’once ce 21 août. L’once utilisée sur le marché de l’or est l’once troy, qui équivaut à environ 31,1 grammes.
Quand le dollar baisse, l’or coté en dollars devient moins cher pour les acheteurs utilisant d’autres devises. Cette mécanique peut soutenir la demande mondiale. Pour un investisseur belge ou européen, l’effet final dépend toutefois aussi du taux de change euro-dollar : une hausse de l’or en dollars peut être partiellement atténuée si l’euro se renforce fortement face au billet vert.
L’or reste aussi sensible aux anticipations de taux. Comme il ne verse ni coupon ni dividende, son attrait augmente généralement lorsque les rendements obligataires reculent. Le “rendement” désigne ici le revenu annuel attendu d’une obligation, rapporté à son prix.
Le Trésor américain renforce ses rachats de dette
Le 19 août, le Trésor américain a annoncé un doublement de certains programmes de rachats d’obligations à long terme. Les montants passent de 2 milliards de dollars à au moins 4 milliards de dollars par opération, pour des échéances de 10 à 30 ans.
Ces titres sont des dettes émises par l’État américain. À long terme, ils sont souvent appelés obligations du Trésor. Les rachats se font sur le marché secondaire, c’est-à-dire là où les investisseurs s’échangent des titres déjà émis.
L’objectif affiché est de soutenir la liquidité du marché. La liquidité mesure la facilité avec laquelle un actif peut être acheté ou vendu sans provoquer de forte variation de prix. Dans ce cas, le Trésor cherche à éviter un emballement des rendements longs, qui pourrait peser sur le financement de l’économie américaine.
Les rendements à 10 et 30 ans reculent
Après l’annonce, le rendement de l’obligation américaine à 30 ans a reculé d’environ 10 points de base, pour atteindre près de 5,19 %. Un point de base correspond à 0,01 point de pourcentage. Une baisse de 10 points de base équivaut donc à une baisse de 0,10 point.
Le rendement à 10 ans a, lui, baissé de 6 points de base, à environ 4,66 %. Cette détente a amélioré le sentiment de marché à court terme.
Pour l’or, le signal est important. Des rendements plus faibles réduisent le coût d’opportunité de la détention du métal. Le coût d’opportunité désigne ce qu’un investisseur renonce à gagner en choisissant un actif plutôt qu’un autre. Détenir de l’or signifie ne pas percevoir les intérêts qu’offrirait une obligation.
Un soutien réel, mais à surveiller
Le mouvement actuel repose donc sur une combinaison favorable : dollar plus faible, rendements longs en baisse et intervention du Trésor américain pour stabiliser le marché obligataire.
Pour les épargnants européens, cette séquence rappelle que l’or ne réagit pas seulement aux tensions géopolitiques ou à l’inflation. Il dépend aussi de la politique monétaire, de la dette américaine et des devises.
La hausse de l’or reste portée par des facteurs financiers puissants, mais sa poursuite dépendra de la capacité du marché obligataire américain à rester stable et de l’évolution du dollar dans les prochaines semaines.


