3,43 grammes d’or par tonne sur 131,7 mètres : ce résultat de forage publié début août place Revival Gold au centre de l’attention des investisseurs intéressés par les nouveaux projets aurifères nord-américains.

Revival Gold Inc. avance sur deux actifs situés aux États-Unis : Beartrack-Arnett, dans l’Idaho, et Mercur, dans l’Utah. La société cherche à développer ces projets avec une trajectoire vers la production. Les dernières annonces portent sur deux éléments clés pour une mine d’or : la quantité potentielle de métal dans le sous-sol et la capacité à l’extraire de manière économique.

Beartrack-Arnett livre un forage à haute teneur dans l’Idaho

Le 4 août 2026, Revival Gold a annoncé un résultat de forage important sur le projet Beartrack-Arnett, dans l’Idaho. Le trou BT26-255D a recoupé 3,43 g/t d’or sur 131,7 mètres de largeur forée, dont 6,56 g/t sur 42,5 mètres et un intervalle plus riche de 11,58 g/t sur 12,1 mètres.

Le terme g/t, ou gramme par tonne, mesure la teneur en or d’une roche. Une teneur de 3,43 g/t signifie qu’une tonne de roche contient en moyenne 3,43 grammes d’or. Pour rappel, une once troy d’or, l’unité utilisée sur les marchés internationaux, équivaut à environ 31,1 grammes.

La société précise que la minéralisation reste ouverte dans l’axe du gisement et en profondeur. En langage minier, cela signifie que les forages n’ont pas encore délimité toute l’étendue possible de la zone aurifère. Revival Gold évoque aussi le potentiel d’un corps minéralisé plongeant vers le nord. Ce point devra être confirmé par de nouveaux forages.

Le programme 2026 prévoit 5.500 mètres de forage afin d’étendre la minéralisation sulfurée. Les sulfures sont des roches contenant des minéraux associés au soufre. Dans l’or, ils peuvent nécessiter des procédés de traitement plus complexes que les minerais oxydés, souvent plus simples à lixivier.

Une ressource souterraine encore hors du scénario actuel

Beartrack-Arnett contient déjà une ressource minérale inférée souterraine de 6,745 millions de tonnes à 4,05 g/t d’or, soit 877.000 onces. Une ressource inférée correspond à une estimation géologique encore préliminaire. Elle indique un potentiel, mais avec un niveau de confiance inférieur à celui d’une ressource indiquée ou mesurée.

Cette ressource n’est pas incluse dans l’économie actuelle de lixiviation en tas du projet. La lixiviation en tas consiste à empiler du minerai concassé sur une aire étanche, puis à faire circuler une solution qui dissout l’or pour le récupérer ensuite. C’est une méthode souvent moins coûteuse qu’une usine de traitement classique, mais elle dépend fortement de la nature du minerai et du taux de récupération du métal.

Pour les investisseurs européens, ce détail est important. Un projet aurifère peut afficher un grand nombre d’onces en ressources, mais seules les onces intégrées à un plan minier économiquement viable peuvent soutenir une décision de production.

Mercur teste la récupération de l’or dans l’Utah

Le deuxième axe d’avancement concerne Mercur, dans l’Utah. Le 17 août 2026, Revival Gold a publié des résultats intermédiaires de tests métallurgiques en colonnes. Ces essais ont été réalisés avec Kappes, Cassidy & Associates, un laboratoire spécialisé.

La métallurgie étudie la façon dont l’or peut être extrait du minerai. Dans ce cas, les tests portent sur la taille de concassage, entre 6,3 mm et 37,5 mm, ainsi que sur l’agglomération au ciment. L’agglomération permet de regrouper les fines particules afin d’améliorer la circulation de la solution dans les tas de minerai.

Les 18 tests en colonnes montrent, à ce stade, des extractions moyennes de 81 % pour le minerai oxydé et de 43 % pour le minerai réfractaire. Un minerai oxydé a été altéré par l’air et l’eau ; il est souvent plus facile à traiter. Un minerai réfractaire retient davantage l’or dans sa structure minérale, ce qui rend l’extraction plus difficile.

Ces résultats sont qualifiés d’intermédiaires. Ils soutiennent toutefois l’idée que certaines matières du projet Mercur pourraient convenir à une lixiviation en tas de minerai concassé, une technique conventionnelle dans l’industrie aurifère.

La prochaine étape passe par une étude de préfaisabilité

Revival Gold vise une étude de préfaisabilité pour Mercur d’ici la fin du premier trimestre 2027. Une étude de préfaisabilité, souvent abrégée en PFS, est une étape technique et économique qui évalue la conception de la mine, les coûts, les taux de récupération, les volumes exploitables et les risques. Elle intervient avant l’étude de faisabilité définitive, plus détaillée.

D’après des communications antérieures de la société, Revival Gold viserait une montée en production pouvant atteindre 100.000 onces d’or par an en 2028 sur Mercur. Cette cible reste à considérer avec prudence, car elle dépendra des études techniques, du financement, des permis et des conditions de marché.

La société avancerait aussi une stratégie plus large : développer deux projets aurifères américains, avec Mercur dans l’Utah et Beartrack-Arnett dans l’Idaho. Cette orientation placerait Revival Gold dans une logique de croissance par étapes, d’abord par la validation technique, puis par la construction éventuelle d’unités de production.

Pourquoi ces annonces comptent pour le marché de l’or

Ces nouvelles ne changent pas directement le prix de l’or. Elles éclairent plutôt l’offre future potentielle. Dans un contexte où les investisseurs cherchent des actifs réels et des projets situés dans des juridictions stables, les États-Unis restent une zone suivie par le secteur minier.

Pour un épargnant belge ou francophone, la distinction est essentielle : acheter de l’or physique revient à détenir un actif tangible, tandis qu’investir dans une société minière expose au risque opérationnel, géologique, financier et boursier. Une junior aurifère peut bénéficier d’une découverte ou d’une amélioration métallurgique, mais elle peut aussi souffrir d’un retard, d’un surcoût ou d’une dilution du capital.

Revival Gold dispose désormais de deux axes de progression visibles : élargir la ressource à Beartrack-Arnett et préciser la récupération de l’or à Mercur. Le chemin vers la production paraît mieux balisé, mais il reste conditionné aux prochaines études, aux résultats complémentaires et à la capacité de financement de la société.

Journaliste économique, Émilien s’intéresse aux usages industriels des métaux précieux et aux innovations technologiques qui façonnent leur avenir.

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