Lorsque le dollar et les rendements obligataires montent simultanément, l’or subit généralement une double pression. C’est le scénario observé sur les marchés ce 6 octobre.
Les cours de l’or reculent, alors que le dollar américain se raffermit et que les rendements des bons du Trésor américain progressent. Cette configuration réduit l’attrait relatif du métal jaune pour une partie des investisseurs.
Le dollar rend l’or plus coûteux hors des États-Unis
L’or est principalement coté en dollars américains sur les marchés internationaux. Lorsque le billet vert progresse, il faut davantage de devises locales aux investisseurs européens, asiatiques ou belges pour acheter la même quantité d’or.
Cette hausse du coût en monnaie locale peut freiner la demande internationale. Elle pèse donc souvent sur le cours exprimé en dollars.
Pour un épargnant de la zone euro, il convient toutefois de distinguer le prix de l’or en dollars du prix de l’or en euros. Une hausse du dollar peut limiter, voire compenser partiellement, le recul du métal coté en dollars lorsque le prix est converti en euros. Le cours pertinent avant un achat ou une vente en Belgique reste donc le cours de l’or en euros, auquel s’ajoutent les primes pratiquées sur les produits physiques.
Des obligations plus rémunératrices concurrencent le métal jaune
La hausse des rendements des bons du Trésor américains constitue le second facteur de pression. Un rendement obligataire correspond au revenu annuel attendu d’une obligation, rapporté à son prix.
Les obligations du Trésor des États-Unis sont des titres de dette émis par l’État fédéral américain. Lorsqu’elles offrent des rendements plus élevés, elles peuvent redevenir plus attractives pour les investisseurs à la recherche de revenus réguliers.
L’or, à l’inverse, ne verse ni intérêt ni dividende. Il sert avant tout de réserve de valeur, d’actif de diversification et de protection potentielle face aux risques monétaires, financiers ou géopolitiques. Lorsque les rendements montent, le coût d’opportunité de détenir de l’or augmente : conserver du métal signifie renoncer à un rendement potentiellement supérieur sur des actifs obligataires.
Une baisse de séance ne change pas nécessairement la fonction de l’or
Le recul observé illustre la sensibilité de l’or aux variations du dollar et des taux d’intérêt. Ces mouvements peuvent provoquer de la volatilité à court terme, c’est-à-dire des variations parfois rapides des prix.
Ils ne suffisent pas, à eux seuls, à déterminer une tendance durable. Les investisseurs surveillent également l’inflation, les décisions de la Réserve fédérale américaine, la croissance mondiale, les achats des banques centrales et l’évolution des tensions géopolitiques.
Pour l’investisseur particulier, cette séance rappelle surtout qu’un achat d’or physique gagne à s’inscrire dans une logique de diversification et de préservation du capital à long terme, plutôt que dans une tentative de profiter d’un mouvement quotidien du marché.


