4 542,75 $ l’once. Le cours de l’or reste installé au-dessus du seuil symbolique des 4 500 $ ce 21 août 2026 sur le marché mondial. Cette résistance intervient après plusieurs mois très volatils, marqués par un pic historique en début d’année, une forte correction au printemps, puis un retour des acheteurs durant l’été.
Le principal moteur du jour est clair : la faiblesse du dollar américain. L’or étant coté internationalement en dollars, un billet vert moins fort rend le métal jaune plus accessible aux acheteurs utilisant d’autres devises. Cela tend à soutenir la demande mondiale.
Le dollar faible soutient mécaniquement l’or
Le prix de l’or atteint 4 542,75 $ l’once ce vendredi 21 août. L’once désigne ici l’once troy, l’unité de référence du marché des métaux précieux, équivalente à 31,1035 grammes.
Quand le dollar baisse, l’or devient moins cher pour les investisseurs dont la devise est l’euro, le franc suisse, le yuan ou d’autres monnaies. Cette mécanique peut renforcer les achats et maintenir le prix en dollars à un niveau élevé.
Pour un investisseur belge ou européen, l’effet peut toutefois être différent. Si l’or monte en dollars mais que le dollar baisse face à l’euro, la progression du prix en euros peut être plus limitée. Le cours en dollars donne donc une tendance mondiale, mais le prix en euros reste la référence concrète pour un acheteur en Belgique.
La valeur refuge reste recherchée
L’or profite aussi d’un contexte international tendu. Les investisseurs se tournent vers ce métal lorsqu’ils cherchent à protéger une partie de leur capital contre l’incertitude. C’est ce que l’expression « valeur refuge » signifie : un actif perçu comme plus résistant en période de crise financière, géopolitique ou monétaire.
Les tensions géopolitiques, l’inflation persistante et les interrogations sur les politiques monétaires entretiennent cette demande. L’inflation correspond à la hausse générale des prix, qui réduit le pouvoir d’achat de la monnaie. Dans ce contexte, l’or attire car il ne dépend pas directement de la solvabilité d’un État ou d’une banque centrale.
Les marchés auraient déjà testé la zone des 4 400 $ autour du 17 août. Cette dynamique aurait été favorisée par le recul du dollar et par l’anticipation d’une politique plus accommodante de la Réserve fédérale américaine, la Fed. Une politique monétaire accommodante signifie des taux d’intérêt plus bas ou moins restrictifs, afin de soutenir l’économie.
Les taux d’intérêt restent décisifs
L’or ne verse ni intérêt ni dividende. Son attractivité dépend donc en partie du niveau des taux d’intérêt. Lorsque les taux montent, les obligations ou les placements monétaires deviennent plus rémunérateurs. Le « coût d’opportunité » de l’or augmente : détenir de l’or signifie renoncer à un rendement ailleurs.
À l’inverse, lorsque les marchés anticipent une baisse des taux, l’or redevient plus compétitif. C’est l’un des facteurs qui expliqueraient le maintien du métal jaune au-dessus de 4 500 $ en août.
Ce soutien n’efface pas les risques de correction. En 2026, le marché a déjà montré sa nervosité. Après un record historique proche de 5 598 $ l’once en janvier, le prix de l’or est tombé vers 3 940 $ en juin, soit une baisse d’environ 29 %. Cette chute s’explique notamment par des prises de bénéfices, des inquiétudes sur les taux et une réallocation des portefeuilles.
Les banques centrales continuent d’acheter
Un autre facteur structurel soutient le marché : les achats des banques centrales. Au deuxième trimestre 2026, elles ont acquis environ 289 tonnes d’or. La Chine a notamment ajouté près de 20 tonnes à ses réserves en juillet.
Ces achats répondent à deux objectifs. Le premier est la diversification : ne pas dépendre uniquement du dollar, des obligations américaines ou d’autres actifs financiers. Le second est la dédollarisation, c’est-à-dire la volonté de réduire le poids du dollar dans les réserves officielles.
Ces mouvements ne font pas toujours monter le prix immédiatement. Mais ils créent un socle de demande à moyen et long terme. Pour les investisseurs particuliers, cette donnée confirme que l’or reste un actif suivi par les grandes institutions, pas seulement par les épargnants individuels.
Un marché encore volatil jusqu’à la fin de 2026
Les projections pour la fin de l’année resteraient larges. Certains analystes envisageraient une fourchette comprise entre environ 4 074 $ et 4 891 $ l’once d’ici la fin 2026. Les scénarios les plus favorables anticiperaient un retour au-dessus de 4 800 $, tandis que d’autres retiendraient une stabilisation ou une légère baisse à court terme.
Cette prudence s’explique par l’équilibre fragile entre plusieurs forces. Les facteurs haussiers sont connus : dollar faible, achats des banques centrales, tensions géopolitiques et recherche de protection contre l’inflation. Les freins le sont aussi : remontée possible des taux, prises de bénéfices rapides et forte volatilité après les records du début d’année.
Pour les acheteurs comme pour les vendeurs, le seuil des 4 500 $ devient donc un repère psychologique. Il ne garantit pas une poursuite immédiate de la hausse, mais il montre que la demande reste présente malgré la correction du printemps.
L’or conserve son rôle de baromètre de la confiance dans les monnaies et les politiques économiques. Tant que le dollar restera faible et que l’incertitude dominera, le métal jaune devrait garder un soutien important sur les marchés internationaux.



