L’or serait tombé sous le seuil de 4.300 dollars l’once lundi 28 septembre. Le métal précieux subirait la pression combinée du pétrole et des anticipations entourant la Réserve fédérale américaine (Fed), la banque centrale des États-Unis.
Cette baisse rappelle qu’un prix de l’or élevé ne le met pas à l’abri de mouvements brusques. L’or ne verse ni intérêt ni dividende : lorsque les rendements des placements obligataires paraissent plus attractifs, son coût d’opportunité augmente. Autrement dit, détenir de l’or peut sembler moins avantageux face à des titres qui procurent un revenu régulier.
La Fed au centre des anticipations
La politique monétaire américaine reste un facteur déterminant pour l’or, généralement coté en dollars. Les investisseurs suivraient donc les signaux de la Fed sur la trajectoire de ses taux directeurs, c’est-à-dire le taux auquel elle influence le coût du crédit dans l’économie américaine.
Des taux durablement élevés, ou l’idée que leur baisse pourrait être repoussée, soutiennent habituellement le dollar et les rendements obligataires. Ces deux éléments peuvent peser sur le métal jaune. Un dollar plus fort rend en effet l’or libellé en dollars plus coûteux pour les acheteurs utilisant d’autres devises, dont l’euro.
À l’inverse, des perspectives de baisse de taux tendent souvent à soutenir l’or, car elles réduisent le rendement potentiel des liquidités et des obligations.
Le pétrole entretient l’incertitude sur l’inflation
Le marché pétrolier ajouterait une source de tension. Une hausse durable de l’énergie peut alimenter l’inflation, puisque les prix des carburants et du transport se répercutent progressivement dans l’économie.
Cette situation place les banques centrales face à un arbitrage délicat : l’or est traditionnellement recherché comme protection contre la perte de pouvoir d’achat, mais une inflation plus résistante peut aussi conduire la Fed à maintenir des taux plus élevés plus longtemps. À court terme, ce second effet peut dominer et tirer l’or vers le bas.
Un seuil psychologique à surveiller
Le passage sous 4.300 dollars constituerait surtout un signal psychologique pour le marché. Un seuil rond attire l’attention des opérateurs et peut accélérer les mouvements lorsque des ordres d’achat ou de vente sont déclenchés autour de ce niveau.
Pour les particuliers belges et européens, le prix pertinent ne se limite toutefois pas au cours en dollars. Il dépend aussi du taux de change euro-dollar, de la prime appliquée aux pièces ou aux lingots, ainsi que de l’écart entre le prix d’achat et le prix de reprise.
La baisse du jour ne suffit donc pas, à elle seule, à définir une tendance durable. L’évolution du dollar, des rendements américains, du pétrole et des prochaines communications de la Fed devrait rester décisive pour l’or dans les prochaines séances.


