4 146 dollars l’once au comptant : l’or a perdu plus de 3 % lundi 28 septembre, dans un marché dominé par les anticipations de taux américains durablement élevés. À 11 h 36, le cours au comptant est descendu à ce niveau, tandis que les contrats à terme s’échangeaient autour de 4 178 dollars l’once. Ces deux références ont atteint leur point le plus bas depuis le début du mois d’août.
Les taux élevés pèsent sur le métal précieux
La baisse reflète principalement le regain de prudence des investisseurs à l’égard de la politique monétaire américaine. Les marchés craignent que la Réserve fédérale (Fed), la banque centrale des États-Unis, soit conduite à relever encore ses taux d’intérêt ou à les maintenir à un niveau élevé plus longtemps.
Cette perspective est traditionnellement défavorable à l’or. Contrairement à une obligation ou à un compte rémunéré, le métal jaune ne verse ni intérêt ni dividende. Lorsque les rendements obligataires augmentent, le coût d’opportunité de la détention d’or progresse : conserver du métal devient relativement moins attractif que placer des fonds dans des titres rémunérés.
Les contrats à terme, qui permettent d’acheter ou de vendre de l’or à une date future à un prix fixé aujourd’hui, ont eux aussi reculé. Leur baisse confirme que la pression ne se limite pas au marché physique.
Le pétrole ajoute un risque inflationniste
La hausse des prix du pétrole renforce cette nervosité. Un pétrole plus cher peut alimenter l’inflation, notamment via les coûts de transport et d’énergie. Si cette pression devait durer, elle pourrait inciter la Fed à adopter une politique monétaire plus restrictive.
Dans ce contexte, les rendements obligataires élevés et le renchérissement de l’énergie forment une combinaison défavorable à court terme pour l’or. Le métal peut servir de protection contre l’inflation sur longue période, mais il réagit souvent négativement, dans l’immédiat, à une remontée des taux réels ou nominaux.
Les indicateurs américains seront déterminants
Les prochaines statistiques économiques américaines pourraient déterminer l’ampleur de la correction. Des données confirmant une économie solide ou une inflation persistante renforceraient l’hypothèse de taux élevés, ce qui pourrait accentuer la pression baissière sur l’or.
À l’inverse, des signes de ralentissement économique ou de désinflation pourraient réduire les attentes de durcissement monétaire et offrir un soutien au cours.
Pour les épargnants belges et européens, il convient aussi de suivre l’évolution du dollar. L’or étant principalement coté en dollars, le prix exprimé en euros peut varier moins fortement — ou davantage — que le cours international selon les mouvements de change. Après une chute aussi rapide, la volatilité demeure élevée : le niveau des taux américains et les prochaines données macroéconomiques devraient rester les principaux moteurs du marché.


