4 350 dollars l’once : le cours de l’or reste bloqué juste sous ce niveau ce 19 août 2026, sans parvenir à retrouver un élan haussier durable. Le métal précieux efface une partie de ses pertes récentes, mais la reprise du dollar américain et la résistance technique située autour de 4 406 dollars limitent la progression.
L’once d’or, c’est-à-dire l’unité de référence internationale pour le métal jaune, correspond à environ 31,1 grammes. Son prix est coté en dollars sur les grands marchés mondiaux. Pour un épargnant européen ou belge, l’évolution du taux de change euro-dollar reste donc déterminante : un dollar plus fort peut rendre l’or plus cher en euros, même si le cours en dollars progresse peu.
Le dollar freine la reprise de l’or
Le marché de l’or évolue actuellement dans une zone d’attente. Après une semaine de rebond depuis un plancher de deux mois, le dollar américain reprend un peu de terrain. Cette hausse du billet vert pèse sur l’or, car le métal devient plus coûteux pour les acheteurs utilisant d’autres devises.
La zone des 4 406 dollars reste le seuil à surveiller. En analyse technique, une résistance désigne un niveau de prix où les vendeurs reviennent souvent en force, empêchant le cours de monter davantage. Tant que cette barrière n’est pas franchie clairement, les acheteurs peinent à installer une tendance haussière durable.
Cette situation crée un paradoxe. L’or bénéficie en théorie des périodes d’incertitude, car il est considéré comme une valeur refuge. Mais il subit aussi la pression d’un dollar plus ferme et de rendements obligataires élevés. Ces deux facteurs réduisent son attractivité à court terme.
Ormuz ravive le risque inflationniste
La tension géopolitique autour du détroit d’Ormuz renforce la nervosité des marchés. Ce passage maritime est stratégique : une part importante du pétrole transporté par voie maritime y transite. Toute menace sur sa navigabilité peut provoquer une hausse rapide des prix de l’énergie.
Les prix du pétrole ont progressé pendant quatre séances consécutives et dépassent 90 dollars le baril, un plus haut de trois semaines. Washington et Téhéran restent opposés sur la situation. Donald Trump affirme qu’il n’y a pas de négociation en cours et maintient le blocus naval des ports iraniens. De son côté, Mohammad Bagher Ghalibaf, président du Parlement iranien, avertit que le détroit restera fermé tant que les conditions du mémorandum d’entente ne seront pas respectées.
Cette hausse du pétrole nourrit les craintes d’inflation. L’inflation désigne la hausse générale des prix. Elle réduit le pouvoir d’achat des ménages et pousse souvent les banques centrales à maintenir, voire relever, leurs taux d’intérêt.
Les taux américains pèsent sur le métal jaune
Le rendement des Bons du Trésor américain à 30 ans a atteint 5,34 % le 18 août 2026, son plus haut niveau depuis juin 2007. Un Bon du Trésor est une dette émise par l’État américain. Son rendement correspond à la rémunération exigée par les investisseurs pour prêter de l’argent sur une durée donnée.
Une hausse des rendements à long terme pèse souvent sur l’or. La raison est simple : l’or ne verse ni intérêt ni dividende. Lorsque les obligations d’État offrent une rémunération plus élevée, certains investisseurs privilégient ces placements au détriment du métal précieux.
Le marché exige aussi une prime de terme plus élevée. Cette expression désigne le supplément de rendement demandé pour immobiliser de l’argent sur une longue durée. Plus les investisseurs craignent l’inflation future ou l’instabilité budgétaire, plus cette prime peut augmenter.
La Fed reste au centre de l’attention
Les minutes de la Réserve fédérale américaine, attendues par les marchés, constituent le prochain rendez-vous clé. Les minutes sont le compte rendu détaillé des discussions internes de la banque centrale après une réunion de politique monétaire. Elles permettent de mieux comprendre l’équilibre entre les responsables favorables à des taux plus élevés et ceux qui redoutent un ralentissement économique.
Selon l’outil FedWatch du CME Group, les opérateurs estimeraient à 68 % la probabilité d’une hausse des taux directeurs de la Fed avant la fin de 2026. Ce chiffre resterait une anticipation de marché, et non une décision officielle.
Les taux directeurs sont les taux fixés par une banque centrale pour orienter le coût du crédit. Lorsqu’ils montent, les emprunts deviennent plus chers pour les ménages, les entreprises et les États. Cette politique vise à ralentir l’inflation, mais elle peut aussi peser sur la croissance et sur les actifs sans rendement, comme l’or.
L’or physique conserve son rôle patrimonial
Malgré ce blocage sous 4 350 dollars, l’or physique continue d’attirer les épargnants en période d’incertitude. L’or physique désigne les pièces et lingots détenus directement, par opposition aux produits financiers liés à l’or, comme certains fonds cotés.
Pour les particuliers, ce type d’actif sert surtout à diversifier le patrimoine. Il reste indépendant du système bancaire classique et ne dépend pas de la solvabilité d’un émetteur. L’argent physique, sous forme de pièces ou de lingots, suit une logique proche, avec une volatilité souvent plus marquée.
La prudence reste toutefois nécessaire. Acheter de l’or physique implique de comparer les primes, c’est-à-dire l’écart entre le prix de vente d’une pièce ou d’un lingot et la valeur de son métal. Il faut aussi anticiper la conservation, l’assurance et les conditions de revente.
Un marché suspendu à deux signaux
À court terme, le cours de l’or dépend de deux forces principales. D’un côté, les tensions autour d’Ormuz et les risques inflationnistes soutiennent la demande de protection. De l’autre, la reprise du dollar et les rendements américains élevés limitent la hausse.
Le franchissement durable de la zone des 4 406 dollars serait un signal technique important pour relancer la dynamique. À défaut, l’or pourrait rester enfermé dans une phase d’attente, au moins jusqu’aux prochains signaux de la Fed.
Pour les investisseurs, le message du marché reste clair : l’or conserve son rôle de refuge, mais son prix reste désormais étroitement lié au dollar, au pétrole et aux anticipations de taux américains.



