-0,5 % : le cours de l’argent a reculé à environ 63 dollars l’once en session asiatique, sous l’effet d’un regain de tensions sur l’énergie et l’inflation. Ce mouvement, observé le 20 août 2025, reste un signal utile pour les investisseurs européens en 2026 : le métal blanc ne réagit pas seulement à la demande industrielle ou à l’or, mais aussi aux prix du pétrole, du gaz et aux anticipations des banques centrales.
L’argent recule quand l’énergie ravive l’inflation
Le cours de l’argent a diminué de 0,5 % pour atteindre environ 63 dollars l’once. Une once troy, l’unité de référence des métaux précieux, correspond à 31,103 grammes.
Ce repli intervient dans un contexte de tensions géopolitiques et de craintes inflationnistes. Le pétrole américain WTI, pour West Texas Intermediate, a alors atteint 85,11 dollars le baril, un plus haut en deux semaines. Le WTI sert de référence au pétrole échangé aux États-Unis, tandis que le Brent est la référence principale pour l’Europe et une grande partie du commerce mondial.
La hausse de l’énergie pèse sur l’argent par un mécanisme simple. Si le pétrole et le gaz montent, les investisseurs anticipent souvent une inflation plus élevée. Les banques centrales peuvent alors maintenir des taux d’intérêt élevés plus longtemps. Ce scénario réduit l’attrait des actifs sans rendement, c’est-à-dire des placements qui ne versent ni intérêt ni dividende, comme l’or et l’argent physiques.
Le Moyen-Orient et la Russie entretiennent la tension
Les tensions énergétiques ne se limitent pas au marché américain. En août 2026, les hostilités au Moyen-Orient, notamment entre l’Arabie saoudite et les Houthis yéménites, ainsi que les frappes ukrainiennes sur des infrastructures pétrolières russes, ont perturbé les exportations.
Le Brent est passé de 71 dollars le baril en juin à 87 dollars début août 2026. Le gaz naturel est également monté de 40 à 60 euros par mégawattheure. Le mégawattheure, ou MWh, mesure une quantité d’énergie consommée ou livrée.
Ces hausses s’expliquent par des risques sur des zones de passage stratégiques, comme le détroit d’Ormuz et la mer Rouge, mais aussi par des réserves plus faibles et une demande accrue de gaz en période de chaleur. Pour les marchés, cette combinaison entretient une prime de risque sur l’énergie.
Les banques centrales restent au centre du jeu
La conséquence la plus importante pour l’argent se trouve du côté des taux d’intérêt. Un resserrement monétaire désigne une politique de banque centrale visant à freiner l’inflation, souvent par des taux plus élevés. Quand les taux montent ou restent élevés, les obligations et les dépôts deviennent plus rémunérateurs, ce qui concurrence les métaux précieux.
En août 2025, la Réserve fédérale américaine, la Fed, n’a pas donné d’indication précise sur la trajectoire future de ses taux directeurs. Le marché surveillait alors les minutes du FOMC de juillet. Le FOMC, ou Federal Open Market Committee, est le comité de la Fed qui décide de la politique monétaire américaine.
L’outil CME FedWatch indiquait une forte probabilité de maintien des taux en septembre 2025. Ce type d’outil mesure les anticipations des marchés à partir des contrats à terme liés aux taux d’intérêt.
Zone euro : l’énergie complique aussi la lecture
Pour les investisseurs belges et européens, le sujet reste très concret. En juillet 2026, l’inflation annuelle en zone euro atteignait 2,9 %, en légère hausse par rapport à juin. Les prix de l’énergie progressaient de 10 % sur un an.
Aux États-Unis, l’inflation globale ralentissait à 3,5 % en juin 2026, aidée par une baisse de 5,7 % des prix de l’énergie. L’inflation sous-jacente, qui exclut généralement l’énergie et l’alimentation car ces prix sont très volatils, montrait des signes de ralentissement dans les deux régions.
Cette divergence rappelle que l’argent est coté en dollars, mais acheté par de nombreux investisseurs en euros. Un résident belge doit donc suivre à la fois le prix international du métal, le taux de change euro-dollar et le contexte monétaire européen.
Ce que le signal à 63 dollars dit aux investisseurs
La baisse vers 63 dollars ne traduit pas uniquement une faiblesse du métal blanc. Elle montre surtout que l’argent reste sensible aux arbitrages de court terme. En période de tensions énergétiques, le métal peut être pris entre deux forces contraires.
D’un côté, l’incertitude géopolitique peut soutenir les métaux précieux, recherchés comme réserve de valeur. De l’autre, la hausse de l’énergie peut renforcer les anticipations de taux élevés, ce qui pèse sur les actifs sans rendement.
Pour un investisseur, le message est clair : le cours de l’argent ne se lit pas isolément. Il faut surveiller le pétrole, le gaz, l’inflation, les décisions des banques centrales et le dollar. Le métal blanc reste à la fois un métal précieux et un métal industriel. Cette double nature explique sa volatilité, mais aussi son intérêt dans une stratégie de diversification patrimoniale.



