4 165,29 dollars l’once : l’or au comptant a retrouvé un peu de stabilité le 1er octobre, après un mois de septembre marqué par un recul de plus de 6 %. Ce rebond reste toutefois limité. Le dollar américain demeure solide et les rendements obligataires américains restent élevés, deux facteurs traditionnellement défavorables au métal jaune.
Les contrats à terme sur l’or, échéance décembre, ont clôturé à 4 202,30 dollars l’once. L’écart avec le cours spot — le prix de l’or payable et livrable immédiatement — reflète notamment les coûts de financement et les anticipations du marché pour les prochains mois.
Une inflation plus faible soutient temporairement le métal
Les données d’inflation américaine d’août, ressorties sous les attentes du marché, ont modifié les anticipations concernant la Réserve fédérale américaine, la Fed. Les investisseurs estiment désormais à 31 % la probabilité d’une hausse des taux directeurs en octobre, contre 45 % avant la publication et 69 % une semaine plus tôt.
Cette détente apporte un soutien à l’or. Lorsque les taux directeurs risquent moins d’augmenter, le coût de détention de l’or peut paraître moins pénalisant. Contrairement à une obligation ou à un compte d’épargne, l’or ne verse ni intérêt ni coupon.
Le recul des anticipations de hausse des taux n’a cependant pas suffi à relancer une tendance haussière durable.
Pourquoi le dollar et les obligations freinent l’or
Le rendement des bons du Trésor américain à dix ans demeure proche de niveaux très élevés sur longue période. Le rendement obligataire correspond au revenu annuel que procure une obligation par rapport à son prix. Lorsqu’il augmente, les obligations deviennent relativement plus attrayantes face à un actif sans rendement courant, comme l’or.
Le dollar fort exerce une seconde pression. L’or étant majoritairement coté en dollars, sa hausse devient plus coûteuse pour les acheteurs utilisant l’euro, le yuan ou d’autres devises. Une devise américaine ferme peut donc réduire la demande internationale.
Pour un investisseur belge, le prix à suivre ne se limite pas au cours en dollars : le taux de change euro-dollar influence directement le prix de l’once et du gramme en euros. Un renforcement du dollar peut ainsi amortir, ou au contraire amplifier, les mouvements observés à Wall Street.
Après septembre, le marché attend les chiffres de l’emploi
La baisse de septembre aurait aussi été accentuée par des prises de bénéfices et des ajustements de positions avant la Golden Week chinoise. L’open interest, qui mesure le nombre de contrats à terme encore ouverts, aurait diminué d’environ 11 000 contrats à Shanghai, soit 2,6 %. Cette évolution doit toutefois être interprétée avec prudence : elle suggère une réduction de l’exposition spéculative, sans déterminer à elle seule la trajectoire future des prix.
Les investisseurs attendent désormais le rapport américain sur l’emploi non agricole de septembre. Un marché du travail résistant pourrait entretenir la perspective de taux élevés plus longtemps. À l’inverse, des créations d’emplois plus faibles que prévu pourraient renforcer l’idée d’une Fed moins restrictive.
HSBC a, de son côté, abaissé ses prévisions de cours moyen à 4 490 dollars l’once pour 2026 et à 4 825 dollars pour 2027. Ces estimations ne constituent pas une certitude, mais elles illustrent la prudence des analystes face à un environnement de taux durablement élevés.
À court terme, l’or semble donc stabilisé plutôt que véritablement reparti à la hausse. Les prochaines données américaines sur l’emploi, l’inflation et les taux obligataires devraient rester les principaux catalyseurs du marché.



