3 680,8 euros l’once : l’or affichait ce niveau au dernier cours de la matinée du 1er octobre, après une baisse de 2,2 % sur une semaine. En dollars, le métal précieux restait bloqué sous le seuil technique et psychologique de 4 200 dollars l’once, sans parvenir à le franchir durablement.
Cette consolidation s’expliquerait avant tout par le regain du dollar américain et par la remontée des rendements obligataires aux États-Unis. L’or ne verse ni intérêt ni dividende : lorsque les obligations offrent un rendement plus élevé, le coût d’opportunité de détenir du métal augmente pour les investisseurs.
Le dollar plus fort réduit l’attrait de l’or
Le Dollar Index, qui mesure le billet vert face à un panier de grandes devises, progressait de 0,62 % sur 24 heures, à 101,83 points. Dans le même temps, l’euro reculait de 0,48 % face au dollar, à 1,1306 dollar.
Cette évolution compte directement pour les épargnants belges et européens. L’or est coté mondialement en dollars. Un dollar plus fort rend donc le métal plus coûteux pour les acheteurs utilisant d’autres monnaies, ce qui peut freiner la demande internationale.
Pour un détenteur d’or en zone euro, le prix dépend de deux variables : le cours de l’or en dollars et le taux de change euro-dollar. Malgré une relative stabilité du métal en devise américaine, l’or perdait ainsi 2,2 % sur la semaine en euros, après un recul de 0,6 % la semaine précédente.
Les obligations américaines concurrencent le métal précieux
La hausse des rendements américains pèserait sur le cours. Un rendement obligataire correspond au revenu annuel rapporté par une obligation par rapport à son prix. Lorsque ce rendement monte, les titres de dette américains deviennent relativement plus attractifs face à un actif sans rendement courant, comme l’or.
Cette tension sur le marché obligataire s’expliquerait par des inquiétudes persistantes sur l’inflation, notamment en lien avec le pétrole, et par une révision à la hausse de la croissance américaine au deuxième trimestre. Ces facteurs pourraient inciter les marchés à envisager des taux directeurs américains élevés plus longtemps.
Le mouvement soutient le dollar, car des rendements plus élevés attirent potentiellement les capitaux vers les actifs libellés en dollars. Il entretient en parallèle une pression sur l’or, tant que le marché privilégie les placements rémunérés.
L’emploi américain, prochain test pour l’or
Les prochaines données américaines pourraient néanmoins modifier l’équilibre. Les chiffres de l’emploi attendus vendredi, l’indice ISM manufacturier — un indicateur de l’activité industrielle — et les prises de parole de responsables de la Réserve fédérale seront surveillés.
Des statistiques économiques plus faibles qu’attendu pourraient raviver les anticipations de baisse des taux de la Fed. Dans ce scénario, les rendements et le dollar pourraient refluer, apportant un soutien au métal précieux, y compris en euros.
À ce stade, le repli hebdomadaire ne remettrait pas en cause la tendance haussière observée sur plusieurs mois. Le seuil de 4 200 dollars reste toutefois la résistance immédiate à surveiller : son franchissement durable dépendra largement de la trajectoire des taux américains et du dollar.



