3,2 % contre 1,4 % : l’argent a reculé plus de deux fois plus vite que l’or sur un mois. Cet écart de performance a porté le ratio or/argent à 68,8, contre 67,5 un mois auparavant. Autrement dit, il faut désormais 68,8 onces d’argent pour acheter une once d’or.
Le mouvement s’est accéléré sur la semaine. L’argent a cédé 5,3 %, dans une baisse plus marquée que celle de l’or. Cette sous-performance illustre la plus grande sensibilité de l’argent aux évolutions des taux d’intérêt, du dollar et des perspectives économiques.
Le ratio or/argent confirme l’avantage de l’or
Le ratio or/argent compare le prix d’une once d’or avec celui d’une once d’argent. Lorsqu’il augmente, cela signifie que l’or progresse davantage que l’argent, ou que l’argent baisse plus fortement.
Son passage de 67,5 à 68,8 sur un mois traduit donc un recul relatif du métal blanc. Pour les épargnants, cet indicateur ne donne pas, à lui seul, un signal automatique d’achat ou de vente. Il permet surtout de mesurer quel métal résiste le mieux à un moment donné.
L’or conserve généralement une fonction plus directement monétaire et défensive. L’argent, lui, cumule deux caractéristiques : il peut être recherché comme métal précieux, mais il dépend aussi de la demande industrielle. Cette double exposition tend à amplifier ses variations lorsque les marchés deviennent nerveux.
Les rendements américains pèsent sur les métaux sans coupon
La hausse des rendements obligataires américains à long terme expliquerait une part importante du décrochage hebdomadaire. Le rendement de l’emprunt d’État américain à dix ans serait proche de 5,3 %.
Un rendement obligataire correspond au gain annuel attendu par l’investisseur qui détient une obligation. Lorsqu’il augmente, les obligations offrent une rémunération plus attractive. Cela peut pénaliser l’or et l’argent, qui ne versent ni intérêt ni coupon.
La pression est particulièrement forte pour l’argent, dont le prix est souvent plus volatil que celui de l’or. La hausse des taux peut également alimenter les craintes de ralentissement économique, un facteur défavorable à la composante industrielle de la demande d’argent.
Un dollar plus fort limite la baisse vue depuis la zone euro
Le Dollar Index a progressé de 0,62 % sur vingt-quatre heures, tandis que l’euro est retombé à 1,1306 dollar. Cette appréciation du billet vert atténue mécaniquement la baisse de l’argent pour un acheteur qui raisonne en euros.
Les métaux précieux sont principalement cotés en dollars. Quand le dollar monte face à l’euro, un même prix en dollars se convertit en davantage d’euros. Le taux de change peut donc amortir une baisse du cours mondial pour un investisseur belge ou européen.
Cet effet de change ne supprime toutefois pas le recul observé sur un mois. Un épargnant doit ainsi distinguer le cours du métal en dollars de son prix réellement payé ou obtenu en euros, auquel s’ajoutent éventuellement la prime sur les pièces ou lingots, ainsi que les frais du professionnel.
Les chiffres de l’emploi américain sous surveillance
Les données sur l’emploi américain de septembre, attendues vendredi, pourraient provoquer un nouveau mouvement sur l’argent. Elles influenceront les anticipations concernant la politique monétaire de la Réserve fédérale américaine.
Un rapport sur l’emploi plus faible que prévu pourrait faire reculer les rendements obligataires, en renforçant l’idée de taux directeurs moins élevés à l’avenir. Ce scénario serait potentiellement favorable aux métaux précieux. À l’inverse, des chiffres robustes pourraient entretenir la hausse des rendements et prolonger la pression sur l’argent.
À 68,8, le ratio or/argent souligne donc la meilleure résistance récente de l’or. La prochaine direction dépendra en partie des taux américains, du dollar et des signaux envoyés par l’économie des États-Unis.



