Après avoir perdu environ 6 % en septembre, l’or se stabilise au début d’octobre. Cette accalmie intervient alors que l’indice PCE américain, un indicateur d’inflation suivi de près par la Réserve fédérale, semble avoir réduit les anticipations de baisse des taux d’intérêt.
Le recul de septembre constitue un mouvement notable pour le métal précieux. Une baisse de 6 % sur un mois rappelle que l’or, souvent recherché comme valeur de protection, reste sensible aux changements d’anticipations sur les taux américains, le dollar et l’inflation.
Le PCE, un indicateur décisif pour les marchés
Le PCE, ou Personal Consumption Expenditures, mesure l’évolution des prix payés par les ménages américains. Il s’agit de l’indicateur d’inflation privilégié par la Réserve fédérale américaine, la banque centrale des États-Unis.
Les données publiées ont probablement conduit les investisseurs à alléger leurs paris sur un assouplissement monétaire. Autrement dit, les marchés anticiperaient moins de baisses des taux directeurs de la Fed, ou des baisses plus tardives qu’espéré auparavant.
Cette révision compte directement pour l’or. Le métal jaune ne verse ni intérêt ni dividende. Lorsque les taux obligataires ou les rendements des placements sans risque restent élevés, le coût d’opportunité de détenir de l’or augmente : certains investisseurs peuvent alors privilégier des actifs rémunérés.
Pourquoi l’or a reculé en septembre
La baisse d’environ 6 % en septembre s’inscrit dans ce mécanisme de marché. Des anticipations de taux moins accommodants peuvent soutenir les rendements américains et, dans certains cas, le dollar. Or l’or est généralement coté en dollars : un billet vert plus ferme peut rendre le métal plus coûteux pour les acheteurs utilisant d’autres devises, notamment l’euro.
Pour un épargnant belge ou européen, il convient donc de distinguer deux évolutions : le prix de l’or en dollars et son cours en euros. Une variation du taux de change euro-dollar peut atténuer ou amplifier le mouvement observé sur le prix international du métal.
La stabilité observée au début d’octobre ne signifie pas nécessairement que la baisse de septembre est terminée. Elle traduit surtout une pause après un mois de correction, dans l’attente de nouvelles indications sur l’inflation américaine et la politique de la Fed.
Une phase d’attente pour les acheteurs et vendeurs
Pour les particuliers, un repli ne constitue pas automatiquement un signal d’achat, pas plus qu’une stabilisation ne constitue un signal de vente. L’or physique répond avant tout à un objectif de diversification et de préservation du capital sur la durée.
Les prochains chiffres d’inflation, les déclarations des responsables de la Réserve fédérale et l’évolution des taux réels américains resteront déterminants. Les taux réels correspondent aux taux d’intérêt corrigés de l’inflation : lorsqu’ils progressent, ils pèsent souvent sur l’attrait relatif de l’or.
Après sa correction de septembre, l’or entre donc dans une période où les données américaines pourraient redevenir le principal moteur à court terme.



