3 982 dollars l’once : le cours de l’or au comptant poursuit sa baisse au 1er juillet 2026, après son plus mauvais trimestre depuis 2013. Le mouvement concerne les marchés mondiaux et pèse aussi sur les repères suivis par les investisseurs européens, même si le prix final en Belgique dépend du taux de change euro-dollar, des primes et des frais appliqués aux pièces ou lingots.
L’or reste sous pression après un trimestre difficile
Le cours de l’or continue de reculer en ce début juillet 2026. Au 1er juillet, le prix au comptant s’établissait autour de 3 982 dollars l’once.
Le cours au comptant, ou spot, désigne le prix de l’or pour une livraison quasi immédiate sur les marchés internationaux. L’once utilisée pour l’or est l’once troy, soit environ 31,1 grammes.
Cette baisse prolonge un mouvement marqué au deuxième trimestre 2026, présenté comme la plus forte correction trimestrielle depuis 2013. Une correction désigne une baisse des prix après une phase de hausse, souvent alimentée par des ventes d’investisseurs souhaitant sécuriser leurs gains.
Pourquoi l’or baisse malgré les tensions géopolitiques
La baisse intervient pourtant dans un environnement qui pourrait, en théorie, soutenir l’or. Les tensions au Moyen-Orient, notamment autour de l’Iran et des États-Unis, ont renforcé l’incertitude. En temps normal, ce type de contexte peut favoriser l’or, considéré comme une valeur refuge : un actif recherché lorsque les investisseurs veulent réduire leur exposition aux marchés jugés plus risqués.
Mais d’autres facteurs dominent à court terme. La hausse des prix du pétrole alimente les craintes d’inflation. Or, si l’inflation reste élevée, les banques centrales peuvent maintenir des taux d’intérêt plus hauts. Ces taux correspondent au coût de l’argent : plus ils sont élevés, plus les obligations et placements rémunérés deviennent attractifs face à l’or, qui ne verse ni intérêt ni dividende.
Un dollar plus ferme peut aussi peser sur le métal jaune. L’or étant principalement coté en dollars, un billet vert plus fort le rend plus cher pour les acheteurs utilisant d’autres devises, comme l’euro.
Les banques centrales restent un soutien de long terme
Le paradoxe du moment tient au comportement des banques centrales. Plusieurs d’entre elles envisagent d’augmenter leurs réserves d’or afin de réduire leur dépendance au dollar américain.
Cette stratégie s’inscrit dans la dédollarisation, c’est-à-dire la volonté de certains États de limiter le rôle du dollar dans leurs réserves ou leurs échanges internationaux. Pour une banque centrale, l’or sert de réserve sans risque de défaut d’un émetteur, contrairement à une obligation d’État.
Ce soutien structurel ne suffit toutefois pas, pour l’instant, à enrayer la pression vendeuse. À court terme, les marchés semblent davantage réagir aux anticipations de politique monétaire, aux mouvements du dollar et aux prises de bénéfices après la forte progression antérieure du métal jaune.
Des prévisions encore prudentes pour 2026
Les projections disponibles restent orientées avec prudence. WalletInvestor prévoirait un passage du prix de l’or d’environ 4 083 dollars en juin 2026 à près de 4 055 dollars en décembre 2026. LongForecast anticiperait une baisse plus nette, de 4 574 dollars en mai à environ 3 996 dollars en décembre, soit un recul d’environ 12,6 %.
Ces chiffres restent des prévisions, donc incertains. Ils reposent sur des modèles et hypothèses concernant la politique monétaire, la demande mondiale, l’offre minière et le comportement des investisseurs.
Ce que cela change pour les acheteurs en Belgique
Pour un particulier belge, la baisse du cours international ne se traduit pas toujours immédiatement par une baisse identique du prix en boutique. Le prix payé dépend du cours en dollars, du taux euro-dollar, de la prime des pièces ou lingots, et des frais du vendeur.
La prime correspond à l’écart entre la valeur du métal contenu dans une pièce ou un lingot et son prix réel d’achat ou de vente. Elle peut augmenter lorsque la demande physique progresse.
La demande d’or d’investissement physique, sous forme de lingots et de pièces, reste d’ailleurs un point de soutien. Elle est attendue en hausse en 2026, tandis que la demande de bijoux reculerait nettement. Ce contraste entretient la volatilité du marché.
Une baisse de court terme, pas forcément un signal unique
La poursuite du recul de l’or confirme une phase de marché plus fragile qu’au début de l’année. Mais le tableau reste contrasté : taux élevés, dollar fort et prises de bénéfices pèsent sur les prix, tandis que les achats stratégiques des banques centrales et l’incertitude géopolitique maintiennent une demande de fond.
Pour les investisseurs, l’enjeu n’est donc pas seulement le niveau du cours, mais l’horizon de placement, le prix d’achat réel en euros et la capacité à supporter la volatilité.



