Plus de 65 % du programme de forage de 30 000 mètres est déjà terminé. NexGold Mining Corp. avance sur son projet aurifère Goldboro, en Nouvelle-Écosse, avec un objectif clair : réduire l’incertitude géologique avant de décider, plus tard en 2026, si le projet peut passer à l’étape de la construction.

La société mène un programme de forage intercalaire en circulation inverse. Cette méthode, appelée Reverse Circulation en anglais, consiste à forer le sous-sol en remontant des fragments de roche à la surface grâce à un flux d’air. Elle permet d’obtenir rapidement des échantillons pour analyser leur teneur en or.

NexGold densifie les données de Goldboro

Le projet Goldboro se situe près de la côte, à environ 185 km au nord-est d’Halifax, en Nouvelle-Écosse. NexGold y prévoit 600 trous de forage, avec un espacement nominal de 12,5 mètres.

Ce type de forage est dit « intercalaire » car il est réalisé entre des forages déjà existants. Son but est de combler les zones d’incertitude dans le modèle géologique. Pour un projet minier, cette étape est essentielle : plus les données sont serrées, plus l’estimation du gisement devient fiable.

NexGold vise notamment les zones qui devraient être exploitées pendant les premières années de production. Cette priorité est importante pour les investisseurs. Les premières années d’une mine conditionnent souvent le remboursement du capital initial et la crédibilité économique du projet.

Des résultats à haute teneur renforcent le dossier

Les premiers résultats publiés par NexGold confirment l’emplacement, la teneur et l’épaisseur de la minéralisation dans les zones ciblées. La minéralisation désigne la présence de métaux utiles, ici de l’or, dans la roche.

Parmi les intersections annoncées, NexGold mentionne 61,22 grammes d’or par tonne sur 12 mètres, dont 685 grammes par tonne sur 1 mètre. Le gramme par tonne, ou g/t, mesure la quantité d’or contenue dans une tonne de roche. Plus ce chiffre est élevé, plus la roche est riche.

Une teneur élevée ne suffit toutefois pas à elle seule. L’épaisseur compte aussi. Une très forte teneur sur quelques centimètres peut être moins intéressante qu’une teneur plus modérée sur plusieurs mètres. Dans le cas de Goldboro, NexGold met en avant des intervalles de plusieurs mètres, avec des teneurs souvent comprises entre environ 2 et 6 g/t, en plus de résultats ponctuellement beaucoup plus élevés.

De « ressources indiquées » à « ressources mesurées »

Le programme vise à faire passer une partie des ressources minérales de la catégorie « indiquée » à la catégorie « mesurée ».

Une ressource minérale est une concentration de métal dont l’existence est estimée grâce aux données géologiques. Elle ne signifie pas encore que l’or sera forcément extrait de manière rentable.

La catégorie « indiquée » correspond à un niveau de confiance déjà significatif. La catégorie « mesurée » est plus élevée : elle repose sur des données plus nombreuses et plus rapprochées. Pour une société minière, convertir des ressources indiquées en ressources mesurées permet de réduire le risque technique.

NexGold cherche aussi à sécuriser ses réserves. Une réserve minérale est la partie d’une ressource qui peut être exploitée économiquement, après intégration des coûts, de la méthode d’extraction, des autorisations et des contraintes techniques. C’est donc une notion plus avancée et plus proche de la réalité industrielle.

Une décision d’investissement attendue en 2026

Goldboro dispose déjà d’une étude de faisabilité publiée en 2021. Une étude de faisabilité est une analyse détaillée qui évalue si un projet minier peut être construit et exploité de manière rentable. Elle combine les données géologiques, les coûts, les prix des métaux, le calendrier de production et les contraintes environnementales.

Cette étude estimait une mine à ciel ouvert d’une durée de vie de 11 ans, avec une production annuelle de 100 000 onces d’or. Une once troy, l’unité de référence sur le marché de l’or, équivaut à environ 31,1 grammes.

La teneur diluée était estimée à 2,26 g/t d’or. La dilution désigne l’ajout de roche moins riche ou stérile lors de l’extraction, ce qui réduit la teneur moyenne réellement traitée par l’usine.

L’investissement initial était évalué à 271 millions de dollars, avec 63,1 millions de dollars de capital de maintien. Le capital de maintien correspond aux dépenses nécessaires pour continuer à exploiter la mine après sa construction initiale. Le projet devait aussi générer 345 emplois pendant la construction, 215 emplois en phase d’exploitation et 226 millions de dollars de recettes fiscales fédérales et provinciales.

Un projet porté par un marché de l’or en mutation

L’avancement de Goldboro intervient dans un environnement où l’or reste un actif central pour la préservation du capital. Pour les investisseurs européens et belges, le métal jaune sert souvent de couverture contre l’inflation, les tensions géopolitiques ou la perte de pouvoir d’achat des monnaies.

Pour une société comme NexGold, un prix de l’or élevé ou durablement soutenu peut améliorer la rentabilité théorique d’un projet. Mais l’effet n’est pas automatique. Les coûts de construction, l’énergie, la main-d’œuvre, les permis et la qualité réelle du gisement restent déterminants.

Selon des modèles de valorisation publiés par Simply Wall St, NexGold détiendrait 4,7 millions d’onces de ressources mesurées et indiquées, serait sans dette et disposerait de 100 millions de dollars de trésorerie. Ces éléments, dont la fiabilité reste moins directe que les résultats techniques annoncés par la société, indiqueraient une position financière favorable avant une éventuelle décision de construction.

Ces mêmes scénarios suggéreraient une forte sensibilité de la valeur des projets Goldboro et Goliath à des hypothèses de prix de l’or très élevées, notamment à 6 000 ou 7 000 dollars l’once. Ces projections restent des modèles, pas des garanties de marché.

Le facteur local reste décisif

NexGold avance aussi sur le plan relationnel au Canada. La société a signé un protocole d’accord avec les Premières Nations Eagle Lake et Lac Seul pour son complexe aurifère Goliath, près de Dryden, en Ontario. Ce document crée un cadre de dialogue sur les retombées économiques, l’environnement et la participation des communautés.

Même si Goliath n’est pas Goldboro, cette démarche illustre un point central pour les développeurs miniers : l’acceptabilité locale. Sans permis, sans dialogue communautaire et sans cadre environnemental solide, un gisement prometteur peut rester bloqué.

Goldboro entre donc dans une phase charnière. Les forages renforcent la confiance géologique, l’étude de faisabilité doit être actualisée et la décision d’investissement pourrait suivre en 2026. Pour les investisseurs exposés à l’or, le dossier montre surtout une réalité simple : dans les mines, le prix du métal compte, mais la qualité des données fait souvent la différence.

Journaliste économique, Émilien s’intéresse aux usages industriels des métaux précieux et aux innovations technologiques qui façonnent leur avenir.

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