Le cours du métal jaune a pulvérisé tous les records ce lundi 26 janvier 2026, dépassant la barre symbolique des 5 000 dollars l’once. Portée par les achats massifs des banques centrales et un climat géopolitique tendu, la valeur refuge par excellence continue d’attirer les investisseurs, redéfinissant les stratégies patrimoniales en Europe et dans le monde.

Lundi matin, les marchés financiers ont assisté à une accélération spectaculaire. Après avoir franchi les 4 800 dollars le 23 janvier, puis les 4 983 dollars en début de journée, l’once d’or a finalement cassé sa résistance pour atteindre un sommet historique de 5 075 dollars. Cette performance marque une progression fulgurante de près de 17 % depuis le début de l’année 2026.

Ce mouvement haussier ne semble pas être un simple pic spéculatif, mais le résultat d’une reconfiguration profonde de l’économie mondiale, où l’or réaffirme son statut de réserve de valeur ultime face aux incertitudes monétaires.

Les moteurs de la hausse : géopolitique et dédollarisation

La flambée des cours s’explique par la convergence de plusieurs facteurs macroéconomiques et politiques majeurs. Selon les observations rapportées par Gold.fr, les incertitudes liées à la présidence Trump aux États-Unis jouent un rôle catalyseur, incitant les marchés à la prudence vis-à-vis du dollar.

En parallèle, le phénomène de dédollarisation s’accélère. Les économies de l’Est et les pays émergents cherchent activement à réduire leur dépendance au billet vert, favorisant ainsi les échanges et les réserves en or. À cela s’ajoutent les attentes persistantes d’une baisse des taux d’intérêt américains, rendant mécaniquement l’or — actif ne générant pas de rendement — plus attractif face aux obligations d’État.

Note pédagogique : La dédollarisation
Ce terme désigne le processus par lequel un pays réduit sa dépendance au dollar américain pour ses échanges commerciaux internationaux ou ses réserves de change, privilégiant d’autres devises ou l’or physique pour se prémunir contre les fluctuations de la politique monétaire américaine.

Une demande institutionnelle qui assèche l’offre

L’analyse des fondamentaux de l’offre et de la demande justifie également cette tension sur les prix. Les données relayées par Maghreb Émergent indiquent que la demande mondiale a atteint un sommet au troisième trimestre 2025 avec 1 313 tonnes.

Les banques centrales demeurent les principaux acteurs de cette dynamique, ayant accumulé 1 090 tonnes d’or sur l’année 2024. Face à cet appétit vorace, l’offre mondiale peine à suivre, n’ayant progressé que de 1 % en 2024. Ce déséquilibre structurel entre une demande en forte croissance et une production minière stagnante crée un effet de levier puissant sur les cours.

L’impact pour l’épargnant francophone : le Napoléon s’envole

Pour l’investisseur particulier en France et en Belgique, cette hausse du cours international se répercute directement sur le prix des pièces et lingots. Le Napoléon 20 francs, pièce emblématique de l’épargne française, s’échangeait déjà autour de 759 euros début janvier 2026, un niveau jamais vu.

Cette tendance incite les gestionnaires de fonds à revoir leurs allocations d’actifs. Traditionnellement pondérée à 5 % dans les portefeuilles diversifiés, la part de l’or est désormais augmentée vers une fourchette de 10 à 20 % par de nombreux professionnels, cherchant à sécuriser les capitaux face à l’inflation des actifs et aux risques systémiques.

Le saviez-vous ? Le Napoléon 20 Francs
Créée sous Napoléon Bonaparte, cette pièce d’or de 6,45 grammes (dont 5,80 g d’or pur) est la référence du marché français de l’or d’investissement. Sa prime (la différence entre son prix et la valeur de l’or qu’elle contient) varie selon l’offre et la demande locale.

Vers les 6 000 dollars au printemps ?

Jusqu’où cette ascension peut-elle aller ? Les analystes révisent leurs copies à la hausse. Bank of America a réactualisé ses prévisions ce 26 janvier, envisageant désormais un cours de l’or atteignant les 6 000 dollars d’ici le printemps 2026.

Cependant, cette hausse vertigineuse n’est pas sans conséquences négatives pour l’industrie du luxe et de la bijouterie. La matière première devenant inabordable, certains marchés locaux se grippent. À titre d’exemple illustrant cette tension sur le marché physique, le gramme d’or importé (24 carats) a atteint 37 000 dinars en Algérie, contre 33 000 au 1er janvier, mettant le secteur de la bijouterie en grande difficulté avec des ventes se faisant parfois à perte pour maintenir l’activité.

Si l’or confirme son rôle de valeur refuge en temps de crise, sa valorisation actuelle impose aux investisseurs une vigilance accrue. L’entrée dans cette zone inexplorée des 5 000 dollars pourrait entraîner une volatilité accrue à court terme, avant, peut-être, de viser de nouveaux sommets.

Spécialiste des marchés des matières premières, Lucas décrypte les cours de l’or et de l’argent à travers l’analyse technique et macroéconomique.

Prix de l’Or aide tous ceux et celles qui s’intéressent à l’économie et à la préservation de leur capital à décrypter l’actualité mondiale et son impact sur la valeur de l’or grâce à une analyse factuelle et pédagogique. Prix de l’or – Une information en Or

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