Alors que le mois de janvier 2026 confirme la résilience des cours des métaux précieux, plusieurs sociétés minières franchissent des étapes décisives vers la production commerciale. Du projet Perron en Ontario aux mines d’argent au Mexique, l’industrie opère une transition stratégique, portée par des fondamentaux économiques solides et une demande accrue pour les ressources critiques.
Ce début d’année 2026 s’impose comme un tournant pour l’industrie extractive, en particulier pour les projets aurifères et argentifères situés en Amérique du Nord. Si les années précédentes ont été marquées par l’exploration intensive, l’heure est désormais à la concrétisation industrielle et aux études de rentabilité définitives. Dans un contexte où les investisseurs européens et belges cherchent à sécuriser leurs portefeuilles face aux incertitudes monétaires, ces développements offrent de nouvelles perspectives sur le marché des commodités.
L’or canadien accélère sa course vers la production
Le Canada confirme son statut de juridiction privilégiée pour le développement minier. En tête de file, la société Amex Exploration attire l’attention avec son projet phare Perron. Interrogé par le média spécialisé Commodity-TV, le PDG Victor Cantore a détaillé ce 15 janvier la viabilité économique du site. La stratégie de l’entreprise repose sur un plan de production en deux étapes, conçu pour résister même à des scénarios de prix de l’or plus conservateurs.
Cette approche prudente mais ambitieuse se retrouve ailleurs dans la province de l’Ontario. Mayfair Gold avance à grands pas avec son projet Fenn-Gib. Son PDG, Nicholas Campbell, a confirmé la finalisation récente d’une étude de pré-faisabilité et prépare une cotation sur le NYSE American, signe d’une volonté d’attirer les capitaux institutionnels américains.
Au Québec, Abcourt Mines vise directement la production commerciale pour cette année 2026. Pascal Hamelin, son dirigeant, a souligné la montée en puissance des opérations, tout en poursuivant l’exploration sur la propriété Flordin. Cette densification des projets proches de la phase d’exploitation témoigne d’une maturation du cycle minier canadien.
Comprendre le jargon minier : L’Étude de Faisabilité
Dans le cycle de vie d’une mine, l’étude de faisabilité est l’étape ultime avant la décision de construction. Contrairement aux estimations de ressources (qui indiquent ce qui est dans le sol), cette étude valide la rentabilité économique du projet en prenant en compte les coûts d’extraction, la métallurgie, les infrastructures et les contraintes environnementales. Une étude positive est souvent le catalyseur majeur pour le cours de bourse d’une société minière.
L’argent et le cuivre : entre reprise industrielle et opportunité monétaire
Le secteur de l’argent métal, souvent plus volatil que l’or, connaît également une dynamique forte. Au Mexique, géant historique de la production d’argent, Sierra Madre Gold and Silver a officiellement lancé la production commerciale à la mine La Guitarra. Alex Langer, PDG de la société, a précisé lors d’une interview diffusée le 9 janvier que l’entreprise ne comptait pas s’arrêter là, évoquant l’acquisition stratégique de la mine Del Toro pour consolider sa position.
Parallèlement, le cuivre, essentiel à la transition énergétique, reste au cœur des stratégies d’acquisition. Vizsla Copper a récemment mis la main sur le projet Palmer en Alaska. Craig Parry, son directeur général, mise sur le potentiel haussier des prix du cuivre et la présence de minéraux critiques comme la barytine pour valoriser cet actif. Au Québec, Abitibi Metals a annoncé un programme de forage massif de 45 000 mètres pour 2026 sur son projet B26, confirmant l’appétit pour le métal rouge.
Uranium et transactions stratégiques : le marché s’organise
L’énergie nucléaire, revenue en grâce dans le mix énergétique mondial, soutient les acteurs de l’uranium. Uranium Energy Corp a rapporté des résultats solides pour son premier trimestre fiscal 2026. Cette santé financière s’inscrit dans une tendance de fond relevée par l’investisseur Rick Rule. Dans une analyse pour Commodity-TV, ce vétéran du secteur a réitéré ses convictions pour 2026, ciblant les commodités sous-évaluées et le marché de l’uranium comme des vecteurs de performance majeurs.
Enfin, le secteur des redevances (royalty companies) continue de jouer son rôle de financeur alternatif. Gold Royalty a marqué les esprits fin décembre en acquérant une licence sur le projet cuivre-or Pedra Branca au Brésil pour 70 millions de dollars US auprès de BlackRock World Mining Trust. Cette opération, financée par un placement d’actions de plus de 100 millions de dollars, illustre la capacité du secteur à lever des fonds importants pour sécuriser des flux de trésorerie futurs.
Une année charnière pour les investisseurs
Pour l’investisseur francophone, ces développements signalent un changement de paradigme. Nous passons d’une phase de spéculation sur les découvertes à une phase d’évaluation de la rentabilité et des cash-flows. Que ce soit via des producteurs établis ou des développeurs comme Amex Exploration et Mayfair Gold, l’année 2026 s’annonce riche en catalyseurs. La convergence entre des prix des métaux soutenus et des projets arrivant à maturité pourrait offrir un levier intéressant pour la préservation du capital face aux incertitudes macroéconomiques persistantes.


