2,6 millions de dollars américains : c’est le dernier versement reçu par Liberty Gold dans le cadre de la vente de sa participation dans le projet TV Tower, en Turquie. Cette échéance porte le produit total de la cession à 8,5 millions de dollars américains et clôt un dossier engagé en 2024.
La société minière canadienne détenait 72,1 % de TV Tower, un projet situé dans la province de Biga, au nord-ouest de la Turquie. Elle présente cette opération comme la conversion d’un actif jugé non stratégique en liquidités non dilutives.
Un financement « non dilutif » désigne des fonds obtenus sans émettre de nouvelles actions. Les actionnaires existants ne voient donc pas leur pourcentage de détention diminuer, contrairement à ce qui peut se produire lors d’une augmentation de capital.
Une cession achevée après un accord conclu en 2024
Liberty Gold a annoncé avoir encaissé le paiement final échelonné de 2,6 millions de dollars américains. La vente de sa participation dans TV Tower génère ainsi un total de 8,5 millions de dollars américains.
Jon Gilligan, directeur général de Liberty Gold, a présenté la finalisation de cette transaction comme une étape permettant à la société de simplifier son portefeuille et de renforcer sa trésorerie. Les liquidités dégagées doivent principalement soutenir la stratégie centrée sur Black Pine, son projet aurifère détenu à 100 % aux États-Unis.
La fin de l’exposition à TV Tower réduit aussi l’exposition opérationnelle de Liberty Gold à la Turquie. Pour un investisseur, cette réallocation signifie que la valorisation future de la société dépendra davantage d’un seul projet principal, Black Pine. Une telle concentration peut accroître la lisibilité du dossier, mais elle renforce également la dépendance aux résultats techniques, réglementaires et financiers de cet actif.
Black Pine devient la priorité unique
Black Pine est un projet d’or oxydé situé dans l’Idaho. Un minerai oxydé est un minerai proche de la surface, transformé par l’air et l’eau au fil du temps. Il peut généralement être traité par lixiviation, une méthode qui consiste à dissoudre l’or dans une solution afin de le récupérer. Cette technique est souvent moins coûteuse que le traitement de minerais plus profonds et sulfurés, mais ses résultats dépendent étroitement des caractéristiques du gisement.
Liberty Gold affirme faire progresser simultanément les travaux d’ingénierie, l’optimisation du projet, les démarches de permis minier et les réflexions sur le financement. L’objectif serait de préparer une éventuelle décision de construction.
Cette décision ne constitue toutefois pas encore un engagement de bâtir la mine. Elle dépendra notamment de l’obtention des autorisations, de la disponibilité du financement, de l’évolution des coûts et du prix de l’or.
Une étude de faisabilité aux hypothèses favorables
L’étude de faisabilité publiée le 8 septembre attribuerait à Black Pine une valeur actualisée nette après impôts de 2,4 milliards de dollars américains, sur la base d’un cours de l’or de 3 250 dollars l’once.
La valeur actualisée nette, ou VAN, mesure la valeur aujourd’hui des flux de trésorerie futurs attendus d’un projet, après prise en compte de l’investissement initial et d’un taux d’actualisation. Elle reste très sensible aux hypothèses retenues, notamment au prix de l’or, aux coûts d’exploitation et au calendrier de construction.
L’étude évoquerait également :
- un taux de rendement interne après impôts de 60,5 % ;
- une durée de vie de mine de 16 ans ;
- une production annuelle moyenne de 176 700 onces d’or ;
- des réserves probables de 4,04 millions d’onces ;
- un investissement initial, ou CAPEX, de 411,4 millions de dollars américains.
Le CAPEX correspond aux dépenses nécessaires avant le démarrage de la production : construction des installations, équipements, infrastructures et préparation du site. Ces chiffres, issus d’une étude dont les résultats restent à confirmer par l’exécution du projet, ne garantissent ni les coûts futurs ni les volumes effectivement produits.
Un environnement de marché potentiellement porteur
Le contexte aurifère pourrait soutenir l’intérêt pour les projets de développement, même si le prix du métal reste volatil. Goldman Sachs maintiendrait ainsi un objectif de 5 400 dollars l’once à fin 2027, en s’appuyant notamment sur des achats des banques centrales estimés à environ 90 tonnes par mois.
Dans le même temps, Ventum Financial aurait repris le suivi de Liberty Gold avec une recommandation d’achat et un objectif de cours de 4,30 dollars canadiens. Paradigm Capital aurait par ailleurs maintenu le titre parmi ses valeurs privilégiées pour le second semestre 2026. Ces opinions d’analystes ne constituent pas une garantie de performance et doivent être distinguées des fondamentaux miniers du projet.
La vente de TV Tower donne à Liberty Gold une structure plus simple et des liquidités supplémentaires, sans dilution immédiate. La prochaine étape déterminante sera désormais la capacité de Black Pine à franchir les jalons de permis, de financement et de construction dans un secteur où les délais et les budgets peuvent fortement évoluer.



