54,0 euros l’once : l’argent perd 0,98 % sur 24 heures et 5,3 % sur un mois. Le métal blanc reste toutefois en hausse de 6,6 % sur trois mois. Ce recul récent illustre surtout l’effet de la remontée des rendements américains et d’un dollar plus solide sur un actif qui ne procure aucun revenu.
Le prix de l’argent au comptant — c’est-à-dire pour une livraison immédiate — s’établissait à 54,0 euros l’once mardi 6 octobre à 7h51. Une once troy, l’unité utilisée pour les métaux précieux, équivaut à 31,103 grammes.
Des taux plus élevés augmentent le coût d’opportunité
La pression principale provient des rendements des obligations du Trésor américain, présentés à leur plus haut niveau depuis 24 ans. Le rendement désigne le revenu annuel procuré par une obligation rapporté à son prix. Lorsqu’il augmente, les obligations et d’autres placements rémunérés deviennent plus attractifs.
L’argent, comme l’or, ne verse ni intérêt ni coupon. Détenir du métal physique ou une exposition financière à l’argent implique donc un coût d’opportunité plus élevé lorsque les taux montent : les investisseurs renoncent alors à un rendement disponible sur les obligations ou les produits monétaires.
Le dollar américain plus ferme accentue ce mécanisme. Les cours internationaux des métaux précieux étant généralement libellés en dollars, leur achat devient plus coûteux pour les investisseurs utilisant l’euro ou d’autres devises. Cette hausse relative du prix peut réduire la demande hors États-Unis.
L’argent sous-performe l’or sur un mois
Le ratio or/argent atteint 68,1, contre 66,9 un mois auparavant, soit une progression de 1,8 %. Cet indicateur mesure le nombre d’onces d’argent nécessaires pour acheter une once d’or.
La hausse du ratio signifie que l’argent a moins bien résisté que l’or. L’argent est à la fois un métal précieux et un métal industriel. Son prix peut donc être davantage sensible aux anticipations de croissance, aux taux d’intérêt et aux variations du dollar. L’or conserve, de son côté, un rôle plus marqué de réserve de valeur dans les périodes d’incertitude financière.
Cette sous-performance intervient malgré une hausse de 6,6 % sur trois mois. Elle rappelle que la tendance de moyen terme et les variations à court terme peuvent diverger fortement sur un marché volatil.
Les tensions géopolitiques ne suffiraient pas à soutenir le métal
Les frappes revendiquées par les Houthis contre des cibles saoudiennes n’auraient pas déclenché de mouvement de demande refuge suffisant en faveur de l’argent, malgré les perturbations signalées à Riyad. Le repli du pétrole WTI — référence américaine du brut — le même jour suggérerait que les marchés accordent une priorité plus forte aux taux américains qu’au risque géopolitique immédiat.
Dans ce contexte, le dollar semble conserver son statut de principal actif défensif à court terme, au détriment des métaux précieux.
Un marché très sensible aux signaux américains
La comparaison avec le 29 septembre souligne cette dépendance. Ce jour-là, le cours mondial de l’argent avait légèrement progressé, à 60,688 dollars l’once, après un affaiblissement du dollar et une baisse des rendements du Trésor américain. Le mécanisme s’est depuis inversé.
Pour les épargnants belges et européens, le suivi du métal ne peut donc pas se limiter au prix affiché en euros. Les décisions de la Réserve fédérale américaine, l’évolution des obligations américaines et le taux de change euro-dollar restent des facteurs déterminants.
À court terme, une détente durable des rendements et du dollar constituerait un soutien potentiel pour l’argent. À l’inverse, leur poursuite à la hausse pourrait prolonger la pression sur le métal blanc.



