4 900 dollars l’once : c’est le niveau que le cours de l’or pourrait viser d’ici la fin de 2026 selon Goldman Sachs. Cette prévision intervient alors que le marché traverse une phase de faiblesse temporaire, après une forte correction au premier semestre.

Goldman Sachs mise sur un rebond de l’or

Goldman Sachs estimerait que le cours de l’or pourrait atteindre 4 900 dollars l’once d’ici la fin de l’année 2026. L’once, unité de référence sur le marché international de l’or, correspond à 31,1 grammes.

Cette prévision reposerait sur trois moteurs : la diversification des réserves des banques centrales, l’allègement attendu des pressions sur les taux d’intérêt et la recherche de valeurs refuges. Une valeur refuge est un actif considéré comme plus résistant en période d’incertitude économique, financière ou géopolitique.

Le signal est important pour les investisseurs européens et belges. Le prix international de l’or est coté en dollars. Pour un acheteur en euros, l’évolution du taux de change euro-dollar peut donc amplifier ou réduire la performance réelle.

Une faiblesse de court terme pèse sur le marché

Le marché de l’or reste toutefois volatil. Au 8 juin 2026, le cours est tombé à 4 313,99 dollars l’once, son plus bas niveau depuis mars 2026. Cette baisse a effacé les gains accumulés depuis le début de l’année.

La pression vient surtout des États-Unis. La Réserve fédérale américaine, la Fed, maintient ses taux directeurs entre 3,50 % et 3,75 % depuis plusieurs mois. Une hausse est fortement anticipée par les marchés.

Des taux plus élevés pèsent généralement sur l’or. Le métal jaune ne verse ni intérêt ni dividende. Le coût d’opportunité augmente alors : cela signifie qu’un investisseur renonce à un rendement potentiellement plus attractif sur des placements rémunérés, comme certaines obligations, lorsqu’il détient de l’or.

La vigueur du marché de l’emploi américain a aussi renforcé les anticipations de durcissement monétaire. Un dollar plus fort rend l’or plus cher pour les acheteurs utilisant d’autres devises, ce qui peut freiner la demande mondiale.

Les banques centrales restent un soutien majeur

Le scénario haussier de Goldman Sachs serait notamment soutenu par les achats des banques centrales. Ces institutions gèrent les réserves monétaires des États. Elles peuvent détenir des devises, des obligations ou de l’or afin de sécuriser une partie de leur patrimoine national.

Les banques centrales ont acheté 863 tonnes d’or en 2025, contre une moyenne annuelle de 473 tonnes entre 2010 et 2021. Au premier trimestre 2026, elles ont encore acquis 244 tonnes nettes.

Ces achats traduisent une volonté de diversification. Certaines banques centrales cherchent à réduire leur dépendance aux actifs occidentaux, notamment aux obligations libellées en dollars. Cette demande structurelle soutient le marché, même lorsque les investisseurs financiers prennent leurs bénéfices.

Une correction, pas forcément un retournement

Le cours de l’or aurait connu une forte correction en 2026 après un sommet historique qui aurait été atteint en janvier à 5 598 dollars l’once. Le prix aurait ensuite reculé de plus de 28 %, jusqu’à un point bas proche de 4 023 dollars. En juin, il évoluerait autour de 4 320 dollars l’once.

Une correction désigne une baisse marquée après une période de hausse. Elle ne signifie pas toujours que la tendance de fond est inversée. Dans le cas de l’or, le marché semble tiraillé entre deux forces : à court terme, les taux et le dollar pèsent ; à plus long terme, les achats des banques centrales et l’instabilité budgétaire soutiennent la demande.

Si le cours passait de 4 320 à 4 900 dollars, la progression représenterait environ 13 %. Depuis un point bas à 4 023 dollars, le potentiel atteindrait près de 22 %. Ces calculs restent indicatifs, car ils dépendent du niveau réel d’achat, des frais, de la devise et de la fiscalité applicable.

Ce que les investisseurs belges doivent surveiller

Pour un investisseur belge, trois éléments méritent une attention particulière : le prix en dollars, le taux de change euro-dollar et la prime sur les pièces ou lingots. La prime correspond à l’écart entre le prix de l’or contenu dans un produit et son prix de vente réel. Elle dépend de la demande, de la rareté, du format et des frais du professionnel.

L’or d’investissement bénéficie d’un régime spécifique en Europe, notamment une exonération de TVA sous conditions pour certains lingots et pièces. Avant tout achat ou vente, la vérification du prix spot, des frais et de la liquidité reste essentielle. Le prix spot désigne le prix de marché immédiat de l’or.

La prévision de Goldman Sachs ne supprime donc pas le risque de volatilité à court terme. Elle souligne plutôt une idée centrale : malgré la faiblesse actuelle, les facteurs de soutien de l’or n’auraient pas disparu.

Spécialiste des marchés des matières premières, Lucas décrypte les cours de l’or et de l’argent à travers l’analyse technique et macroéconomique.

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