Goldman Sachs anticipe une envolée historique de l’or poussée par les banques centrales
Un réajustement spectaculaire des prévisions boursières bouleverse actuellement le marché des métaux précieux. Malgré une récente baisse des cours liée à la conjoncture américaine, les achats massifs d’or physique par les États redessinent structurellement la finance mondiale, avec un prix de l’once qui pourrait franchir la barre des 5 400 dollars d’ici la fin de l’année 2026.
Entre 50 et 60 tonnes par mois : c’est le volume faramineux de métal jaune que les banques centrales acquièrent actuellement sur les marchés internationaux. La banque d’investissement américaine Goldman Sachs a publiquement reconnu une erreur majeure dans ses modèles prédictifs du premier trimestre 2026. Initialement estimés à 29 tonnes mensuelles, les achats institutionnels s’avèrent en réalité deux fois plus importants, selon des analyses croisées relayées par Business AM et Business Bourse.
La course aux réserves face à la dé-dollarisation
Cette frénésie d’achat est principalement orchestrée par les pays émergents, la Chine et l’Inde en tête. L’objectif de ces nations est clair : diversifier leurs réserves de change et réduire leur dépendance au dollar américain dans un climat de guerre géopolitique généralisée.
Cette accumulation assèche l’offre disponible sur le marché physique. Ce changement de paradigme déplace le moteur principal du marché de l’or, qui passe des mains des investisseurs privés de Wall Street vers les coffres des États souverains. C’est sur la base de ces fondamentaux solides que Goldman Sachs, appuyé par des données du Conseil mondial de l’or (World Gold Council), maintient une prévision haussière exceptionnelle, fixant un objectif de 5 400 dollars l’once pour la fin de l’année.
Le paradoxe de la baisse conjoncturelle du cours de l’or
Pourtant, l’année 2026 a débuté par une chute paradoxale de 10 à 20 % du cours de l’or. Pour comprendre ce phénomène, il faut se tourner vers les États-Unis et leur politique monétaire.
En finance, l’or est considéré comme un actif refuge, mais il possède une particularité : il ne verse ni dividende, ni intérêt. Lorsque l’inflation remonte, la Réserve Fédérale américaine (Fed) maintient ses taux directeurs à un niveau élevé. Par conséquent, les rendements des obligations d’État (comme les bons du Trésor américain) grimpent. Les investisseurs institutionnels ont alors tendance à vendre leur or pour placer leurs liquidités sur ces obligations jugées sûres et très rémunératrices.
Cette mécanique a été exacerbée au printemps 2026 par des crises de liquidités frappant des pays importateurs comme la Pologne, la Russie ou la Turquie, contraints de vendre une partie de leurs réserves d’or pour financer leurs économies.
Le conflit au Moyen-Orient comme catalyseur
Si l’inflation américaine remonte vigoureusement (avec un Indice des Prix à la Consommation à 3,8 %), c’est en raison d’un choc énergétique mondial sans précédent. Depuis fin février 2026, les forces armées américaines ont lancé l’opération militaire Epic Fury contre l’Iran. L’objectif de Washington est de forcer la réouverture du détroit d’Hormuz et de neutraliser le programme nucléaire iranien.
Les conséquences économiques de cet affrontement sont massives. Les frappes et le blocus ont mis à l’arrêt environ 14,5 millions de barils de pétrole par jour dans le golfe Persique. Le prix du baril de Brent a ainsi bondi de 37 %, se stabilisant autour de 100 dollars après un pic alarmant à 126 dollars.
Sur le plan militaire, le brouillard de guerre reste dense, mais le bilan matériel semble lourd. Selon des informations du média spécialisé CEDPE, 42 avions américains auraient été détruits, perdus ou endommagés au cours des dix premières semaines de ce conflit.
Alors que l’issue de l’affrontement irano-américain demeure incertaine, les marchés financiers se préparent à une période de forte volatilité. La garantie de long terme semble désormais se trouver dans l’or physique, soutenu par des États soucieux de protéger leurs économies d’un système monétaire occidental de plus en plus sous pression. Un contexte qui pourrait bien faire de 2026 l’année d’une transformation irréversible pour le roi des métaux précieux.


